samedi 12 mai 2018
vendredi 11 mai 2018
Valériane La dite Herbe à la meurtrie -
La dite Herbe à la
meurtrie -
on y a recouru pour soigner les traumatismes des combattants
des « grandes » guerres
un autre flower power ?
mais elle n’a pu tous les guérir - les humains les aguerris
-
le traumatisme est ailleurs
elle qui passait aussi pour un puissant philtre d’amour
jardin de la plaie
ouverte
aujourd’hui tout tremblant
une seule le cicatrise
vert issu des verts
où
abeilles et fleurs - jupes ouvertes des ancolies -
dans un bourdonnement affairé
- renversant - achève
de nous convaincre
où se rompit la résistance
dans les jambes la fermeté abolie
lumière fêlée et la brise déplace
des visages en nous
aussi longtemps que sera la question
jeudi 10 mai 2018
Combien nécessaires
Combien nécessaires sont les ronces
pour relancer les arcs
jeter des ponts. Combien les bourgeons
pour élucider
dans les courbes desserrées
les éveils et combien les hampes
les ombelles
- des ombellifères les axes déflagrants - ô combien !
pour entendre au plus près du
savoir non volontaire
discerner sans posséder - pour rien au monde -
- la dépense gracieuse -
mercredi 9 mai 2018
Je suis aux fleurs
Je suis aux fleurs - comme aux anges -
à la langue - beautés succulentes parlées sans crainte - je
pourrais épeler :
ancolies collerettes
rescapé cyclamen
centaurées bleus écheveaux
pivoines (ah pivoines !) émue
valériane la valeureuse grâce offerte du granite
marguerites et pâquerettes
lilas les thyrses neigeux au ciel nègre
et bien d’autres - j’en mangerais j’en mange -
mardi 8 mai 2018
Je vous croise sur paroles
Je vous croise sur paroles
avec ma salive - question de goût -
aussi longtemps qu’il
y aura question
comestibles sont vos verts qui élucident
à la cueillette ! À la cueillette ! L’ancolie est
là probante
qui découle des paroles
éclatera bien la véridique en semences suffisantes
pour ressemer résonner
elle exprimera prima
vera ses désirs
et pas de main morte en divulguant
je vous croise
et les poèmes sont des pensées
va la
danse de mes pensées
dimanche 6 mai 2018
Le crin infaillible presque
Le crin infaillible presque de vos vies vertes je le
croiserai avec
mes pensées mes doigts acheminant la sève
tant [...] que matière
mesme se présente pour être tissue de présent et mise en œuvre
ils tissent ainsi une table vaste grammaire des
sensations
c’est un exercice de
langue qui vivifie
contre toute attente
et contre le temps parler
cette tissure à l’œuvre
repoussant seule la prédiction aux bords du métier
l’Apocalypse
samedi 5 mai 2018
Rêveusement je vous peigne
Rêveusement je vous peigne ronces onagres petits iris flambes d’eau
au larmier desquels - œil ou bec -
je tiens. Ma perplexité
vous laisse tisser
sans lisères définies
un jardin
dont les excédants je reverse
d’un lieu à l’autre
jeudi 3 mai 2018
Terrain de ronces pourpres et d’onagre
Terrain de ronces pourpres et d’onagre
où croît le cyclamen de Naples - ici ? -
pourpre également
pourpre également
avers de marbre et l’autre sanguine
de mes pouces et index
requiert l’extrême attention
aucune précaution n’est de trop
pour préserver le cœur
de tout acte
mercredi 2 mai 2018
Des cyclamens, des ancolies
Des cyclamens, des
ancolies :
un pied de cyclamen de Naples - la si délicate et durable -
- uniquement la rosette, sans les fleurs -
comme une couronne pâle déposée
dans la poussière. Un cyclamen aujourd’hui
alors que le chemin racinaire
- souterrain - me mène à
W.C. Williams et aux peintres flamands Osias Beert et Ambrosius Bosschaert.
Cyclamen dont on a dit qu’il est le cœur épanché
saignant de l’amour, (ou de la jalousie) - Marie -
attachement vif et inquiet (pour ce qui tient à cœur)
et l’ancolie, ce Gant
de Notre-Dame, elle aussi évoque Marie :
fleur dédiée à la solitude, la tristesse ou la folie.
Donc à la lettre
un cyclamen dans le temps des ancolies
jailli de terre - pourriture fertile - incertain
ce ne sont que des
petites choses, qui ne disent rien (jaillissent) sur
ce qui reste
aujourd’hui de l’amour,
souvenirs en tête.
Dans l’œil le sang jailli de la morsure
ce qui tient à cœur te tient à vif
mardi 1 mai 2018
Je frémis au rappel
Je frémis au rappel inopiné
de ce foutoir d’images et de mots
ferme les yeux tu
verras
les doux géraniums sauvages
et la frêle cardamine
la vesce la luzerne tachetée la perce-pierre
la stellaire intermédiaire
le lamier et le lierre terrestre - fichu gléchome -
tu verras l’oubli
tes bras gardent mémoire
du gaillet gratteron et de l’ortie
les bracelets sont probants
lundi 30 avril 2018
Elle avale ?
Elle avale ?
Oui ou non.
Elle avale.
Quoi ?
Couleuvres d’avril
au verger - blancheur sans pareille du pommier -
- mais elle est déjà la
veuve de sa clarté
déjà déclinante - .
Un œil hébété l’attend au soleil
l’œil gardien des semis.
Jadis pour repousser les serpents
la rue fétide était cultivée au pied des escaliers
et des perrons.
et des perrons.
Vigne et rue dit-on
font un mariage réussi.
dimanche 29 avril 2018
Les mains loin dans la terre
Les mains loin dans la terre
dans la tête
pétris pétris
dis !
le rythme cardiaque
signale avec ses blancs son sang
- blancs ces signalements - ces racines ou signes (ou rasignes) -
il s’entend
tu verras bien mais
un regard ne suffit pas
à creuser un
chemin souterrain
l’œil-pivot cherche un système racinaire
qui devient sa réalité
son arbre
samedi 28 avril 2018
Un autre soir
Un autre soir
les chiens se sont tu
plus de paysage
ton nom distant
parle
parle-moi encore dans
le noir veux-tu
tout doucement
j’ai beau forcer la vue
convoquer la mémoire
aucun vers - vers qui ? demandes-tu -
pas un s’entend
cependant qu’un vert - intègre -
la tunique obsède.
Je cherche encore le
jardin.
Ou le jardin des
mots ?
vendredi 27 avril 2018
Soir ailé
Soir ailé
très doux comme inondée depuis
cette douceur
alors qu’assise à l’ombre de
- l’heure tardive -
perception et pensées
cherchent à s’exténuer
disséminées
- diverses ailes et insectes coléoptères -
visage dessaisi - dans l’ombre de l’ombre d’une chaise à
l’assise
comme un soleil -
découpe qui dessine
dresse son éclat
désignation qui insiste
explicite
de quoi ? Quel effort de clarté
quelle opération
et que la branche oblitère.
Je pensais à une fleur légère
et le sens de cette fleur est aussi dans l’ombre.
Sous le tilleul je tiens les comptes
vus un triton alpestre et les premiers hannetons
ainsi qu’une sérotine - morte - et drapée
- le geste - tellement humain
demain sans doute
pommier le penché le premier
et poirier :
en fleurs
mercredi 25 avril 2018
Vœu d’écrire
Vœu d’écrire / re-verdir de nouveau
un espace
verdit l’herbe novice
avec l’audace et
désire la singulière empreinte
engagée - non loin de l’utopie - en un creux
verdit et emprunte aux
fossés aux ruisseaux tous leurs murmures
défient nos os
- en premier lieu des adventices -
tout est écrit dans l’ombre nouée des eaux
scrutant nos yeux manifestes - des nœuds -
mardi 24 avril 2018
Avec les mains sûres
Avec les mains sûres du chirurgien
et le cœur faillible du malade
je travaille des fleurs qui me regardent
une feuille flétrie - ce soir - m’est
flétrissure
les absentes je le crains sont mon absence
je cherche leur racines où je les sais
sinon les semis
leur souvenir spontané
que je maintiens
et c’est ma naissance
que je connais dans le jardin
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