dimanche 6 septembre 2026
Pas loin sont des feux.
Pas loin sont des feux.
(Des pieds et des mains – pieds et points liés pour la
grande majorité –
avançant et enchaînant les conquêtes
l’humain se coupe l’herbe sous le pied.
Et met le feu au parterre.)
samedi 5 septembre 2026
J’ai gagné en sonorité
J’ai gagné en sonorité – les chats le savent –
ce que j’ai perdu en diversité.
Le parterre dessèche l’œil.
Aromates vainqueurs emplissent l’air
d’un avant-goût brûlant.
L’herbe étique blesse.
Le sol crépite.
Porcelle enracinée attend (probablement) sous couvert.
vendredi 4 septembre 2026
Deux chats
Deux chats à la
livrée incendiaire, comme deux flammes
dans les fanes.
Mon seul désir, d’un autre temps.
Mon temps passé.
jeudi 3 septembre 2026
Sur mon champ calciné
Sur mon champ calciné
jouent deux chats
sensibles aux froissements des feuilles sèches
comme à des arguments factieux.
Factions, courses, renversements,
à chaque passes d’armes cassent les herbes.
Mon mille-fleurs (où êtes-vous jacée, carotte, achillée,
millepertuis ?)
s’amenuise.
mercredi 2 septembre 2026
J’ai un demi-garenne dans les marjolaines.
J’ai un demi-garenne dans les marjolaines.
Je suis partagée : complimenter le chat pour ses talents
ou gronder. Je voudrais l’amour sans la férocité
la vie sans la sauvagerie, pensé-je, benoîtement.
L’acte sans la conséquence ?
Je voudrais les bêtes autour de moi comme La Dame à la licorne
sur sa tenture mille-fleurs. Mon seul désir :
du cœur, de la libéralité (mais sans renoncer aux sens).
mardi 1 septembre 2026
Il déchire le lapereau
Il déchire le lapereau dont la tête manque.
Il a ouvert la cage thoracique et tire à lui les organes.
Sa tête s’incline, mâchoire avide, œil vide, lorsqu’il
croque les cartilages du sternum.
Son regard change et revient à moi quand je dis
doucement son nom. Son regard d’amour.
lundi 31 août 2026
Tête plantée dans les touffes de marjolaine
Tête plantée dans les touffes de marjolaine
il dévore un lapereau.
C’est la crispation de son arrière-train
qui attire l’œil, et l’ancrage des pattes.
Les muscles de son cou, cheville ouvrière,
sont contractés par l’effort.
dimanche 23 août 2026
L’anse du poème ?
L’anse du poème ? Ce qui peut te tenir
te maintenir
orbital toi au foyer de l’opération de réalisation,
se dit-il.
samedi 22 août 2026
Le voici heureux
Le voici heureux que les choses soient simplement abordables
(par tous, au vu de tous il en est certain).
Rivage, havre ou anse
accroche où passer la nuit.
Prends-le donc par l’anse, s’exhorte-t-il (non sans autodérision).
Il a l’intuition de mouvement et de voies concrètes, possibles.
vendredi 21 août 2026
Mais eux, de quoi vivent-ils ?
Mais eux, de quoi vivent-ils ?
De notre désir.
Je vois je prolonge un état de fait je transcris
le moment et l’intervalle qui le désigne,
l’espace de temps que fait le temps, oscillations et
amplitudes, et, ce faisant, je décèle des linéaments.
jeudi 20 août 2026
Connaître le cœur de l’opération de réalisation
Connaître le cœur de l’opération de réalisation,
ce cœur actif, pulsatile.
Être là :
c’est ce qu’il cherchait (sans même le savoir).
mercredi 19 août 2026
mobiles autour desquels gravitent nos esprits
mobiles autour desquels gravitent nos esprits
pense-t-il. Un puissant organisme, et cordial, une invite.
Dotés de vie propre – inaliénable –
de cette singularité qui lui fait défaut,
sauf à voir – sauf à réaliser –
cette conscience de sa raison.
mardi 18 août 2026
Qu’il distille
Qu’il distille
logiquement à partir de ces incidences des organismes
dotés de vie propre :
poèmes capables de vivre et de respirer
lundi 17 août 2026
C'est-à-dire qu’il s’en sert
C'est-à-dire qu’il s’en sert,
qu’il révise sans cesse sa vie à partir d’elles.
Que ces incidences élucident
ses moments – ses mobiles –
dimanche 16 août 2026
Il est heureux de réfléchir
Il est heureux de réfléchir
ce qui se présente à lui indifféremment
– il s’y retrouve souvent –
Sensible à la fortuité, au potentiel de la cacophonie,
ces incidences lui sont vitales.
samedi 15 août 2026
Il rend les sourires.
Il rend les sourires. Il est un sourire
sans visage, poreux à toute profondeur,
un sourire mobile au-devant de sa perplexité
parce qu’il n’y a pas de raison de ne pas faire confiance aux ondes.
vendredi 14 août 2026
Personne ne lui pose de questions.
Personne ne lui pose de questions.
Il n’est personne ou bien il est personne.
En arpentant les rues il isole des mondes
qu’il prolonge (qu’il pense prolonger, qu’il prolongera) :
il se compose précisément de tous ses projets
et de tous ces moments.
jeudi 13 août 2026
Souples foulées
Souples foulées – au pire il cherche la cadence
au mieux il respire –
en marchant il évite les questions d’ordre personnel.
Il marche, il est prêt à répondre seulement de la perplexité
qui le propulse.
mercredi 12 août 2026
Contours flous
Contours flous,
il s’immerge, il
poreux sans s’opposer à l’immersion devient l’île
consciente
où il n’est que souffle.
mardi 11 août 2026
La descente
La descente – redescente (non pas catabase, pas jusque-là)
parmi les voix et l’amusie –
est difficile, il se flatte d’un geste émollient
comme pour s’encourager.
lundi 10 août 2026
Pas une raison de vivre –
Pas une raison de vivre –
dont il ne manque pas, dont il a trop,
déjà trop lié – non, il se sent comme un organisme
complexe, soumis aux lois de la biologie et de la physique
mais capable d’interpréter ces lois.
dimanche 9 août 2026
Que cherche-t-il ?
Que cherche-t-il ? Non une réponse
mais une raison, la logique qui se dessine
– ou pas du tout, ou malgré tout –
lorsqu’il organise ses relations avec le réel,
sa logique pour vivre ?
samedi 8 août 2026
Il le voit comme la clef
Il le voit comme la clef
probable de ses problèmes
c'est-à-dire des questions pendantes
ouvertes par la vie
(il croit ainsi tenir le motif étiologique).
Ce qui le fait oser parler après la stupéfaction.
vendredi 7 août 2026
Le feu de salve avait ouvert la danse
Le feu de salve avait ouvert la danse
(et l’envol). L’ailante, le faux frêne
fige l’image.
Le feuillage aurifié par la lune et comme insolé
polarise l’épouvante.
C’est une sorte de bouquet final à sa nuit
pense-t-il, offrande et viatique
que la silhouette vibrante de cette jeune pousse
à cette altitude, dans ce chéneau-ci
face à sa fenêtre de toit.
Il pense au rameau d’or.
jeudi 6 août 2026
Ou bien c’est un ailante
Ou bien c’est un ailante
mi arbre mi-volatile
– sa lumière cardinale sur la toiture, et coronaire –
qu’on nomme aussi arbre du ciel.
Tout lui va.
Dans la gouttière serait-il plus proche des Dieux ?
Les goélands ignorent sans doute
ce point de référence unique
cette projection du vivant – quoique,
ne sont-ils pas cousins par l’élan,
si c’est l’ailante ? –
mercredi 5 août 2026
Quel amour cela peut-il être ?
Quel amour cela peut-il être ? Quelle
intime alliance trouvée
entre le lieu et leur vie de migrants ?
Être là présent
sur la plage de zinc
où il fait bon être l’alliage
bercé (abusé) par les stries roses
de l’aube, déjà.
mardi 4 août 2026
Ils dorment debout
Ils dorment debout – comme moi pense-t-il –
tête repliée sous l’aile puis la travée s’anime
une vie après l’autre la suivante suit
(c’est comme de battre à mon flanc)
la lumière – la couronne lumineuse –
allongée jusqu’à eux
elliptique scelle leur alliance avec l’amour.
lundi 3 août 2026
Il témoigne de ces ombres noires
Il témoigne de ces ombres noires là-bas
effigies maintenant le toit dans la nuit
comme des plantations stabilisatrices de berges
ou les fantômes sidérés du tumulte
figés sur leur grève.
dimanche 2 août 2026
comme un amour ?
comme un amour ?
Comme un amour il la regarde flotter
danser avec langueur sur la pente du toit
épouser le zinc cannelé qui pousse ses vaguelettes vers lui
– s’il se penche un peu –
il échouerait avec elle au pied du frêne
dans la gouttière.
samedi 1 août 2026
La lumière flottante
La lumière flottante de la couronne
– une forme émoussée
dans l’ombre générale de la nuit –
il la choie
c’est un présent qui s’impose
mais ne se laisse pas saisir
vendredi 31 juillet 2026
Sa tête rejoint le frêne poussé dans la gouttière
Sa tête rejoint le frêne poussé dans la gouttière.
Il se ceint de sa lumière.
Il vit avec, il endosse son désir
un soin toujours attentif porté à l’incidence.












