mardi 31 août 2021

samedi 28 août 2021

Dans l'atelier - Plage 11 ( août 2016 )




 

À fragmentation 201


 

Parole de fougère

Parole de fougère. Je transcris. Je note. (J’exagère.)
Fougère acerbe qui ne dit pas son nom -
son nom est dans l’autre monde : le livre profond
paré de chiffres (cruel, ce chiffrage), 
où il faut aller voir. 
 
Il faudrait réunir les deux versants :
l’escarpé d’où dévalent les fougères
l’escarpé où l’observation les a consignées.
La phénoménale efficience du dictionnaire.
Instantanés sont ses effets sur le poème, et à long terme aussi.

vendredi 27 août 2021

Dans l'atelier - Plage 10 ( août 2016 )




 

À fragmentation 200


 

ou bien ce sont les mots

ou bien ce sont les mots, ils s’acquittent ainsi de la dette envers le vert
le profus - vertigineux enchevêtré dévalant jusqu’à nous
quand nous roulons -.
As-tu cru un seul instant qu’osmonde te donnerait un monde ?
Oui et non. J’ai cru à la connivence du poème - à sa réalité -.

jeudi 26 août 2021

mercredi 25 août 2021

Dans l'atelier - Plage 8 ( août 2016 )


 

À fragmentation 198


 

Alors c’est ça !

Alors c’est ça ! C’est une fougère aigle et toi,
tu la dis « osmonde » ? J’avoue. Très humaine
présomption, penchant à nommer, vite (mais le nom ne ravit
pas la chose, comme on voit. Ni ne l’atteint.)
Elle est là, froncée, racine décolletée, sur le sol noir,

lundi 23 août 2021

Dans l'atelier - Plage 6 ( août 2016 )


 

À fragmentation 196


 

Matière de rêve

Matière de rêve, la callune. La dit-on
d’augure et de pouvoir sur le monde matériel ?
C’est qu’un rayon l’anime et enflamme
la terre qu’elle occulte d’un feutre
rose - nuage ou brande -. Et quand tout est balayé
 
par le vent elle demeure imprenable.  
Son rendement fantomatique est tel
qu’on peut y voir toutes sortes de figures.
Elle persiste, mais à un degré de désorganisation,
ou d'imprédictibilité qui fait sa nature prodigieuse.

samedi 21 août 2021

Dans l'atelier - Plage 4 ( août 2016 )


 

À fragmentation 194


 

(Aubazine) Nous descendons le temps.

Nous descendons le temps. Le granite orange
ponctue la pente. Fougères et laines dans les vergers.
On entend tout en bas le chant hâtif.
Au chemin rocailleux surplombant le ruisseau
incombe la jasione bleue.
 
Le fond du vallon, où 
vivaient les moniales, dans la clôture parfaite
du granite et de l’eau. Remous bouclé
du feuillage à l’hautain chevêtre.
Le taon a rompu la paix des muscles.
 
Je me demande alors où réside la tentation. Bon :
hautain chevêtre, bois noirci
à l’ombre du remous ; on ne voit rien que
l’efficience de l’ombre portant des feuilles en bouclier.
Où pouvait-il donc se trouver des portes ?

mercredi 18 août 2021

Dans l'atelier - Plage ( août 2016 )


 

À fragmentation 191


 

Sur le tambour de mousse

Sur le tambour de mousse il pleure,
maintenant de grosses larmes que la pluie évite.
À bruit secret - c'est son humilité - s'avancent ses branches.
Par deux les drupes sans raison
assourdissent l'horizon :
 
ainsi des voies de mousse allongent le regard
qu'elles stoppent. Austère performance agissante,
l'olive de sa destination à l'extrémité nous retient
de plonger.
Précieux brou sans écho, et sans prédiction.

dimanche 15 août 2021

Dans l'atelier - Attendre l'orage 3 ( juillet 2016 )


 

À fragmentation 188


 

Pourtant la masse était sans contour

Pourtant la masse était sans contour,
la narcose était proche. L'immensité brumeuse confondait
la pesanteur. Puis soudain tout est apparu.
Clair, clarifié. Un éventail, d'un claquement de doigt
prestigiateur, a scintillé dans l'air cru vif.
 
Quelque chose s'est émancipé.
Mais par quel évent au juste ? Était-ce une faveur
ou une condamnation ? La métaphore
plantureuse imposait son éclaircie
sans l'aide de la pensée.