lundi 17 janvier 2022

dimanche 16 janvier 2022

samedi 15 janvier 2022

Expositions 48 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 340


 

Au lieu précis

Au lieu précis du transfert,
passagèrement fleurs ou flocons
d’une blancheur allégée par le tain
brandi en bouclier. D’étranges angons
pointent depuis l’envers.
 
Après l'accommodation, on rend compte
de frêles épées ou plutôt des fleurets -
mais non mouchetés - qui d’un coup 
perforent la flaque de ciel étamée.
Qui peut encore faire face ?

vendredi 14 janvier 2022

Expositions 47 - ( janvier 2017 )


 

À fragmentation 339


 

Qu’est-ce qu’on a ?

Qu’est-ce qu’on a ? La voiture garée
au bas-côté, elle échancre un peu l’herbe,
nous, longeant le talus bourbeux,
nos premiers pas sur le pré de janvier
puis de l’autre côté de la voie, dans le champ noueux.
 
Ici les corbeaux dictent l’essor
depuis les îlots d’éteules. L’eau
plisse le reflet de cirrocumulus qui l’enorgueillissent,
ou c’est moi, l’œil flatté par ces fleurs de coton
plus petites que mon petit doigt, et qui m’anime.

lundi 10 janvier 2022

Expositions 43 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 335


 

Le sol fuit

Le sol fuit avec l’eau qui bouleverse les lignes sans tarir,
brouille les pistes, éboule les pensées échafaudées
dans les arbres. Les chablis font un renversement
de valeurs : tu découvres les dessous de l’affaire
au détour du chemin. La boue les recouvre comme lave, les éternise.

 

dimanche 9 janvier 2022

Expositions 42 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 334


 

Regain, rechute

Regain, rechute, fuite en avant : suite fréquentative
liée à la séquence (le pas chassé glisse au fossé - son suçon
son bruit de forêt sa profonde
étreinte saisit le pied sous une salve d’ailes
haut dans les ogives - puis chut) oh mais !
 
c’est qu’elle t’appelle de ses voeux mouillés, 
alors tu repenses aux vertus de l’épingle à cheveux
et du lacet, tu brouillonnes des entrelacs et souillon
réapparais plus loin alourdie, plus lourd ton soupçon
(non affranchi de ses cajoleries)

samedi 8 janvier 2022

Expositions 41 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 333


 

Parce que le champ

Parce que le champ est là de tout temps
et le refrain se répète inlassablement -
à quoi pensais-je ? -, l’ennui guette
sauf à créer un monde verbal avec ces 
choses perpétuelles que sont la terre retournée, les ornières, le dégel.
 
Tout est dans ma tête, les mots qui composent le paysage
me composent - il me promène,
ça dépasse mon entendement, je n’y suis plus : je suis -
la boue du chemin fait un bruit de débâcle, de regain aussi,
(de cerveau en débâcle), un mouvement itératif et le sol fuit.

vendredi 7 janvier 2022

Expositions 40 - ( janvier 2017 )


 

À fragmentation 332


 

Je regarde les ornières

Je regarde les ornières comme des parures - ceintures
empreintes dans le flanc -. Empreinte
est la trace, empreinte la motivation
répétée avec le même effet de symétrie
que l’anaphore rythme la phrase et le refrain
 
brise le chant interminable de la vie.
Il y a un champ parcouru d’ornières où
reflète l’étincelante évidence du ciel passager
flottant dans la persistance. C’est moi qui parlais
solution de continuité.

jeudi 6 janvier 2022

Expositions 39 - ( janvier 2017 )


 

À fragmentation 331


 

L’usage

L’usage qu’on en fait. Cette boue
mâchée et remâchée, à nos pieds
ressassée. Elle fait son âge dans le tamis
de nos pas, l’âge du dégel et de la débâcle.
Il a fallu la rupture du terrain source.
 
Solitude ou pluriel innombrable, indénombrable.
Nous suivons notre prochain à la trace - aux erres -.
Ces apparences sont réalités, tout ce que nous savons
du réel à vrai dire. Voilà ce qui fait le paysage :
en tous sens c’est l’usage qui en est fait.

mercredi 5 janvier 2022

Expositions 38 - ( janvier 2017 )


 

À fragmentation 330


 

Le redoux, pluvieux,

Le redoux, pluvieux, alimente les conversations.
Nous, heureux d’avoir retrouvé le sol,
nous discutons de qualités intrinsèques
et de substantifique noue,
tandis que nos pieds s’agglomèrent.
 
Sans me l’avouer j’avais guetté l’instant
des violettes. Mais on en n’était pas déjà aux
cordelières minutieuses tramant la terre,
sa complétion rigoureuse. À tâtons dans la nuit
je cherche les anciennes rigoles.

mardi 4 janvier 2022

lundi 3 janvier 2022

Expositions 36 - ( février 2017 )


 

À fragmentation 328


 

C’est au fond

C’est au fond un silence qui porte les voix qui
le font entendre, nei ge, insonorité
plutôt que néant, qui donne conscience de l’énergie
à dépenser pour apporter une réponse à ce qui est.
Un silence qui génère. Quoi ?
 
Debout je l’écoute porter sa pluralité.
Le caillot comme un grelot sonne dans la parole étroite
que le silence amplifie. Le jardin résonne.
Même ce qui se tait émet une voix : tu vois
comme les merles perforent ce silence ?