jeudi 18 décembre 2025

Criblant de ses faces

 

Criblant de ses faces

le monde prévenant (où j’erre

délivrée de toute vérité)

je ne vois plus assez ne sais plus                  assez

avance au son et                   à tâtons comme l’aveugle de la parabole

au bord du fossé

 

avec l’espoir de l’y retrouver je sombre

au fond de cette fosse qui retourne (perte qui regorge

le soleil y descend vertes échelles*)                                         [fougère mâle]

 

Fosse qui retourne précipite la douleur

sois patiente   soit patiente   à un moment donné le débord cesse

                                              et                        les os rentrent dans leur lit**

 

cet appareil en arête-de-poisson

fait l’échelle longue et ardue bien verte malgré la perte

et brune de plus en plus (que les apparences sont douteuses)

 

Mais la commission (la délégation du poème) allège.

Emprunte à la fougère frondes et sporanges observe-la observe-la

 

* Michel Deguy, « Quadratures », in Figurations (1969), in Poèmes 1960-1970, nrf, Poésie/Gallimard, 1973, p. 121 

** ibid, p. 132

 

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