Criblant de ses faces
le monde prévenant (où j’erre
délivrée de toute vérité)
je ne vois plus assez ne sais plus assez
avance au son et à tâtons comme l’aveugle de la parabole
au bord du fossé
avec l’espoir de l’y retrouver je sombre
au fond de cette fosse qui retourne (perte qui regorge
le soleil y descend vertes échelles*) [fougère mâle]
Fosse qui retourne précipite la douleur
sois patiente soit patiente à un moment donné le débord cesse
et les os rentrent dans leur lit**
cet appareil en arête-de-poisson
fait l’échelle longue et ardue bien verte malgré la perte
et brune de plus en plus (que les apparences sont douteuses)
Mais la commission (la délégation du poème) allège.
Emprunte à la fougère frondes et sporanges observe-la observe-la
* Michel Deguy, « Quadratures », in Figurations (1969), in Poèmes 1960-1970, nrf, Poésie/Gallimard, 1973, p. 121
** ibid, p. 132
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