Voudrais-je de la licorne en captivité ?
Traquée, débusquée, assaillie ? Ramenée en trophée ?
Parquée ?
Ce que je voudrais c’est vieillir en vie,
dans un monde vivant, parmi les vivants
– incorporée –
(à l’épicentre de ma seule sensation).
On veut toujours que l’imagination soit la faculté de former des images. Or, elle est plutôt la faculté de déformer les images fournies par la perception, elle est surtout la faculté de nous libérer des images premières, de changer les images. S’il n’y a pas changement d’images, union inattendue des images, il n’y a pas imagination, il n’y a pas d’action imaginante. Si une image présente ne fait pas penser à une image absente, si une image occasionnelle ne détermine pas une prodigalité d’images aberrantes, une explosion d’images, il n’y a pas imagination.
Gaston Bachelard, L’air et les songes. Essai sur l’imagination du mouvement, José Corti, 1943
L’imagination est un mobile
créateur de mouvement perpétuel, et d’images
qui seraient des transpositions (de nos perceptions et
de nos savoirs).
Un transport perpétuel.
Je me fie entièrement à ce mobile lorsque
je considère le champ desséché.
Chats bredouilles, dépités – comme moi –
de n’avoir rien pris, hors les feuilles
et du vent.
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