dimanche 9 janvier 2022

Regain, rechute

Regain, rechute, fuite en avant : suite fréquentative
liée à la séquence (le pas chassé glisse au fossé - son suçon
son bruit de forêt sa profonde
étreinte saisit le pied sous une salve d’ailes
haut dans les ogives - puis chut) oh mais !
 
c’est qu’elle t’appelle de ses voeux mouillés, 
alors tu repenses aux vertus de l’épingle à cheveux
et du lacet, tu brouillonnes des entrelacs et souillon
réapparais plus loin alourdie, plus lourd ton soupçon
(non affranchi de ses cajoleries)

samedi 8 janvier 2022

Expositions 41 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 333


 

Parce que le champ

Parce que le champ est là de tout temps
et le refrain se répète inlassablement -
à quoi pensais-je ? -, l’ennui guette
sauf à créer un monde verbal avec ces 
choses perpétuelles que sont la terre retournée, les ornières, le dégel.
 
Tout est dans ma tête, les mots qui composent le paysage
me composent - il me promène,
ça dépasse mon entendement, je n’y suis plus : je suis -
la boue du chemin fait un bruit de débâcle, de regain aussi,
(de cerveau en débâcle), un mouvement itératif et le sol fuit.

vendredi 7 janvier 2022

Expositions 40 - ( janvier 2017 )


 

À fragmentation 332


 

Je regarde les ornières

Je regarde les ornières comme des parures - ceintures
empreintes dans le flanc -. Empreinte
est la trace, empreinte la motivation
répétée avec le même effet de symétrie
que l’anaphore rythme la phrase et le refrain
 
brise le chant interminable de la vie.
Il y a un champ parcouru d’ornières où
reflète l’étincelante évidence du ciel passager
flottant dans la persistance. C’est moi qui parlais
solution de continuité.

jeudi 6 janvier 2022

Expositions 39 - ( janvier 2017 )


 

À fragmentation 331


 

L’usage

L’usage qu’on en fait. Cette boue
mâchée et remâchée, à nos pieds
ressassée. Elle fait son âge dans le tamis
de nos pas, l’âge du dégel et de la débâcle.
Il a fallu la rupture du terrain source.
 
Solitude ou pluriel innombrable, indénombrable.
Nous suivons notre prochain à la trace - aux erres -.
Ces apparences sont réalités, tout ce que nous savons
du réel à vrai dire. Voilà ce qui fait le paysage :
en tous sens c’est l’usage qui en est fait.

mercredi 5 janvier 2022

Expositions 38 - ( janvier 2017 )


 

À fragmentation 330


 

Le redoux, pluvieux,

Le redoux, pluvieux, alimente les conversations.
Nous, heureux d’avoir retrouvé le sol,
nous discutons de qualités intrinsèques
et de substantifique noue,
tandis que nos pieds s’agglomèrent.
 
Sans me l’avouer j’avais guetté l’instant
des violettes. Mais on en n’était pas déjà aux
cordelières minutieuses tramant la terre,
sa complétion rigoureuse. À tâtons dans la nuit
je cherche les anciennes rigoles.

mardi 4 janvier 2022

lundi 3 janvier 2022

Expositions 36 - ( février 2017 )


 

À fragmentation 328


 

C’est au fond

C’est au fond un silence qui porte les voix qui
le font entendre, nei ge, insonorité
plutôt que néant, qui donne conscience de l’énergie
à dépenser pour apporter une réponse à ce qui est.
Un silence qui génère. Quoi ?
 
Debout je l’écoute porter sa pluralité.
Le caillot comme un grelot sonne dans la parole étroite
que le silence amplifie. Le jardin résonne.
Même ce qui se tait émet une voix : tu vois
comme les merles perforent ce silence ?

vendredi 31 décembre 2021

jeudi 30 décembre 2021

mercredi 29 décembre 2021

Expositions 31 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 323


 

Ah ?

Ah ? Parce que seule la forme interrogative
congrue au mystère de la blancheur obturante
qui te hante de son rien qui fourmille d’indices volatils,
t’aveugle de son faux pas.
Énigme pour les yeux éblouis que l’insonorité avive.

lundi 27 décembre 2021

samedi 25 décembre 2021

Expositions 27 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 319


 

Puis vient la question de l'aube

Puis vient la question de l'aube : ai-je seulement
commencé ? Vraiment commencé je veux dire ?
À force de multiplier les incursions, non ?
Que chacune soit la contestation des précédentes ?
(La forme, douteuse par principe, soit interrogative).
 
Chaque jour voit les sincères protestations du désir
Mais quoi ! Le tracé volatil - délébile - de nos intentions :
sous la neige ! Le concept : gelé ! Le coq à l'enrouement 
se commet en conjonctives caqueteries .
Cette aube est floue, d'un flou favorable : il faut entrer, et jouir.

vendredi 24 décembre 2021

Expositions 26 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 318


 

L’anabase échoue

L’anabase échoue.
Reste sur le rivage blanc,
écrit étroit entre les murs, l’écho.
Au fond de la trachée s’évertue
sa foi farouche.
 
D’une voix brûlante, enrouée
un coq ravale sa tentative d’emporter
l’adhésion de tous.
Glorieusement il aura la nôtre, raucité pour raucité,
dans la réflexion diffuse des souffles.

jeudi 23 décembre 2021

Expositions 25 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 317


 

Et solitaire

Et solitaire, il n’est pas un remède à la neige,
sa pauvreté métaphorique :
on dirait que le coq enrage !
Derrière les sapins émerge le visible alors rendu
de rehauts scintillants.
 
C’est comme s’il savait le saccage de ses assertions
puisqu’il s’étrangle soudain.
Le coq, il ripe,
son paroxyste (tic ?), son rico !
coqueriquement le précipite ! Tu dis ?
 
D’aller trop vite en besogne - ce que timidement
la poule lui caquette - il ripe
rate l’essor de son sphygmographique
mètre, sa mesure.
(Il trébuche en vain, car l’aube lui survit aussitôt).

mercredi 22 décembre 2021

Expositions 24 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 316


 

En cinq sec

En cinq sec il en vient à bout. Qu’il croit !
Il s’est vu dans la lumineuse réponse de l’écho,
de rue en rue le ricochet de ses altérations
jusqu’à la statue de vierge délavée, là-haut
qui étincelle sur la crête comme un pendu.

mardi 21 décembre 2021

lundi 20 décembre 2021

Expositions 22 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 314


 

D’un jour sur l’autre

D’un jour sur l’autre
neige nocturne, son éclat, morsure au réveil, ça hurle, ça rue, ça ri-
coche en dévers.
De mur en mur une portière claque (ou c’est aujourd’hui).
Le coq de personne à la tonalité verte qui perdure.
 
(Qui perd patience perdure coquerique à tout va.)
Le poème est intenable, il fait la vie.
(c’est une monotone rigueur une blancheur impensable
qui ne se laisse pas conter si facilement cependant.)
Le poème est intenable, le jour est intenable.