mercredi 20 juin 2018
mardi 19 juin 2018
Et me voici tilleul
Et me voici tilleul
abusif abusée
à l’instant de l’aberration - miel à l’œil -
donnée en pâture à l’image
tandis que tu piétines telle
que tu me piétines
moi mes résolutions pour être
incrédulité qui se connaît
sur mes mains - ocelles
qui tremblent -
mémoire soudain disséminée qui
jette le discrédit sur elles
et que je laisse faire
plongée à la confluence des images
rythmes flous des foulées
pas un pas hors de la lie de ta lumière
cette brûlure
lundi 18 juin 2018
Des onagres
Des onagres - retour des onagres -
aucune n’est la même, mais seulement la semblable
voix claire de cor sélène qui brille ce soir de concert
éveillée au milieu de molènes
il a suffi de me retourner pour me souvenir
ce son
Et cela me rappelle la robe et les onagres
l’allée, la brûlure
comme tu as dit cela
(et comment)
qui m’a laissée intouchée ou intouchable
une chute tout au fond de la blessure
et sans retour
sauf, une fois encore, avec des mots
et le sphinx échoué à mes pieds
dimanche 17 juin 2018
Dans la ronce bleue
Dans la ronce bleue.
Ce que je sais rude et vulnérant
est si pâle au revers !
Le tremblement des feuilles
me tire un sourire attendri
indigne dernière ruse d’épineux !
- miniature délicate -
entre les flambes défleuries
les molènes et les onagres :
ce bouquet tentant
- bleu glauque, gris des laines, jaune soufré -
juste opportun pour les yeux
samedi 16 juin 2018
Le vent dans le tilleul
Le vent dans le tilleul
parle ma langue
avec, lui aussi, quelques hésitations
dont je tiens compte
J’oscille avec
sombres dessous, claire
floraison qui va s’évidant
je tourne sans cesse la question s’altère
vendredi 15 juin 2018
Dans la nuit
Dans la nuit l’allée se lève
blancheur devancée du matin sur les dalles
ses bordures d’onagres, de fins voiles
expirent - soufre subtilement ailé sur l’air palpable, il
s’inverse
poudroie -. Le chien de ma voix accepte alors
le sommeil - la main secourable -
et soupire
- doute quand même qu’il
y ait un lendemain !
jeudi 14 juin 2018
Je reviens au jardin
Je reviens au jardin où tout est autrement
ou bien c’est en moi-même.
Les fleurs, le fléchissements des têtes sur l’axe, la déhiscence,
sans question ce qui a toujours été est.
L’énigme des graines, et sa divulgation.
Car regarder c’est déjà être
je semble ce soir ce que je vois : une arborescence
innombrable sans pourquoi.
Ici intensément.
mardi 12 juin 2018
Justes là en passant
Justes là en passant :
troènes en fleurs
seule avec ou en eux passe encore la cour d’une école avec
sa haie - espèce-hôte disent les botanistes
du Sphinx ligustri (la chenille du Sphinx : une perle
millefiori verte marbrée de mauve)
et des petits enfants donc -
et viornes manciennes (aussi en fleurs)
- du latin vieo :
lier attacher tresser -
et je pense à ce qui se
passe juste en passant se tresse
allant simplement - tout doucement - aux commissions à travers le parc familier
avec toi à mon bras
je pense alors que le présent est la pointe de cette fleur -
le stigmate - plus sûrement
que l’aberration du souvenir
me dis-je
Je me dis parfois que je prolonge - possiblement -
j’étire un pré contingent chaque soir ou même l’après-midi
je dévide - me dis-je - entre mes doigts un fil lentement
jusqu’à son terme - mais des fils tissent - ainsi
le présent est là qui vit entre les brins je le sens
- entre mes doigts - passer - tangiblement -
Il s’ouvre au toucher
(ce que fait sensible - et nécessairement - le stigmate de
toute fleur)
lundi 11 juin 2018
Grande passe des écluses de Bougival
Grande passe des écluses de Bougival
à cause de travaux sur le radier
asséché sous le
pertuis à tampes
- l’eau déroutée vers d’autres biefs une eau séparée -
laisse voir l’ossature de la mécanique dans le sas
une complexe horlogerie
nous fait remonter le temps - à défaut de fleuve -
de concert et en accord avec
d’altières Bernaches canadiennes un couple et leurs oisons
devisent sur la rive entre des madriers et de grandes pièces
d’acier
et que ne perturbent pas le mouvement de la grue
ni les ouvriers.
Une poutrelle flotte dans l’air
- vol millimétré par des moulinets de chef -.
Tout tombe à pic près des grands tilleuls où le chantier
va comme une chorégraphie ralentie - la poutrelle lentement
dévie -
au-dessus des portes busquées
l’homme mouline nonchalamment regardant le fond.
Chantier de ta marche aussi
tu voudrais marcher sur le sol sélène tu marches esquissant
des pas
- attentive - qui ne te portent pas tu marches à mon bras apprenant
à marcher
près des écluses où peut-être tu m’as menée enfant
La pluie - chaque goutte décomptée - tombe aussi - rarement
-
sur les grandes herbes qui brillent
où sont couchés des blocs d’acier
dans le feu de leur rouille
- des animaux embusqués - que nous débusquons
Te souviens-tu de ce
lièvre de cette lucane cerf-volant ?
J’étais étonnée comme
une enfant nous avons si peu d’insectes ici !
Si peu de tout. Nous avons tout
sans même nous rendre compte.
Et sans rendre compte
dimanche 10 juin 2018
On se promène pès des écluses
On se promène près des écluses - marchons pour retrouver la
mémoire -
les grandes herbes du chemin de halage cachent les escaliers
étroits
dont nous ne voyons pas la fin
le parfum des troènes en fleurs et celui des tilleuls nous
devance : ici le monde
existe déjà dans la mémoire dès que j’ouvre les yeux
avec ces exhalations, c’est une cour d’école qui vient
s’aboucher ouvertement aux écluses prolongeant nos pas
samedi 9 juin 2018
A Port Marly
A Port Marly une passerelle enjambe la Seine
opaque et statique à cet endroit les péniches tanguent
légèrement
sur des petites vagues latérales qui brillent
c’est sur l’île de la Loge le stade et le champ de tir
je ne comprends pas Paintball
sportif écrit en grosses lettres
tant pis : j’entends.
Plus loin il y aura les écluses - l’eau jointe ou disjointe -
elliptique elle continuera avec à ses côtés des rives
enchevêtrées
contradictoires
elle tout à fait indifférente
vendredi 8 juin 2018
Nuages amoncelés
Nuages amoncelés pareils
à des fleurs
pareils aux amoncellements des friches -
ici île de la Loge on aménage des prés mellifères
et des vergers - pour sauver quoi ? Notre légitimité -
on aménage l’idée de nature celle d’état sauvage on croit
rendre ainsi
ce qu’on pense avoir pris -
nuages filaires éclos pareils aux nigelles aux mauves aux
bleuets
mélilot officinal et glabre réglisse en hausse, orties
- non pour elles-mêmes mais pour la conscience coupable
envers les abeilles -
Tandis que dans les fourrés touts proches retentissent les
tirs du paintball sportif
la Seine coule paisible entre ses rives pavoisées de plastiques
mercredi 6 juin 2018
Rue de l'Olive
Rue de l’Olive il fait beau
ce dimanche midi.
Puis les tilleuls de Max Dormoy
au tronc fin et droit
chétifs à peine fleuris
et l’ombre verte sous les platanes de la Chapelle, salutaires.
Toitures de valérianes et géraniums à Rueil,
et la Seine. Une île, la Seine.
En gare de Chatou, un homme court avec des fleurs
cursives tremblantes dans la découpe rectangulaire du soleil.
mardi 5 juin 2018
En cet instant
En cet instant : nuit, répit - regard en arrière, le
présent perdure tout près -
arrivée où je peux
seul m’est proche un jardin de pavots
et de trémières opulentes
à venir
où potentilles gardent le chemin en rampant
postulat - sans nécessairement perdre de vue le
lointain -
que c’est là - jardin - le lieu du présent
sur lequel - ô oui - bruit doucement l’inventaire du vent
le toujours variant
le parfum du tilleul - ainsi - t’est toujours étranger
lundi 4 juin 2018
dimanche 3 juin 2018
Orage
Orage
ciel et socle soudés
en une seule lumière
lourds graviers dans la voix
de tors bâtis
progressant
en surfilant le massif
l’orgie de liserons
qui absorbe la lumière
devient la lumière
ogresse des dessous
la lumière déforme
la terre
samedi 2 juin 2018
Sang évasé
Sang évasé.
c’est l’indice de voix évasées lourdes
dans les branches charpentières
et les interstices - affloués aussi -
persistent - mais tout maintient l’ascendance -
et se démultiplie l’espace - plié déplié -
coloré
colorant l’invocation. Suffit
le sang des roses novices
sur les dalles.
vendredi 1 juin 2018
Contre l'idée qu'on se fait
Contre l’idée qu’on se fait
aujourd’hui trépidant sous l’effet du vent
il s’écartèle
on dirait qu’il cherche à s’envoler cherche
à suivre le vent non ce ne sont que ses roses qui
font balancier - roses
formant le lest -
et les pétales
sur les dalles qui dansent
cette danse une incantation passionnée
sans aucune promesse d’accomplissement
ce que l’œil voit il le sait
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