samedi 4 août 2018

En frêles fanes


En frêles fanes est assiduité de fleurs
l’eau retirée - et la forme resta inaperçue - mais bercée
astreinte sans férir
et la forme fleurir ne veut plus rien dire
(cependant que je m’assagis, j’ai moins peur)



Reste la vie imputable aux racines ( très hautes racines ) et l’acier de la rue
( et l’armoise - et nous en ce nuage - ) nous
toujours plus aveuglés par l’été
- ce déjà passé - mais confiants dans la fleur
ce qui fut ou ce qui sera



Comme toi - tu dis : ton œil et mon œil -
nous nous inquiétons de l’eau.
Elle se retire de nos - bras ou branches quelle différence ? -
membres flétrissent et
aucun œil ne fleurit plus - pas une anémone
la fille de vent économe se garde ainsi de mourir
sur son vertige -
la réponse des eaux - dans le rêve - se ramifiant
comme racines vers le haut
se ramifiant. C’est un fleuve feuillu 
que je retrouve
- et nous en ce nuage -



vendredi 3 août 2018

Agriate Café 3


Des pierres fleurissent au bord


Des pierres fleurissent au bord
des chemins hérissés
de grandes herbes fricatives
mourantes
à nos pieds ténus
tenus par les yeux de vision furtive
car faciles à fouler cependant
nous marchons par les torrents
éblouissants
éblouis.

Il me semblait que flottait dans
l’ombre corsée
- de l’appentis -
un son : or ce n’était qu’un petit ciste
extrait de sa brûlure

jeudi 2 août 2018

Rousse non pas sélène


Rousse non pas sélène mais terrestre 
et parfois tarie
sources imbues de clématites et de vignes
des éclats de figuiers ont grandi
à l’assaut de rocs.
Je bois des sentiers tors d’éboulis de ruines et de ruches
ici aussi ronces et cirses assignent.
Revers sans eau
le pied dévers dévie et foule
la pierre l’asperge et l’ortie
non élucidées.
Je t’écris ce soir le chemin de signes
nécessaires : ici aussi c’est Connemara jusque tard.

À ma joue gauchie - le poing fut franc -
ce champ rugueux aromatique
qui caresse et panse.
Ce sont les agaves accords que j’entends.

mercredi 1 août 2018

Agriate Café 2


Ce que je cherchai


Ce que je cherchai : en arrivant là-haut la fraîcheur de fleurs
étrangères - autres fleurs - jasmin grenadier belles de nuit plumbago
lantana - je voudrais les citer toutes comme je vous ai cités, et toi Christine la première -
trémières, roses dressées avec l’œil et le cœur
sur la lance
et vous lauriers de pierre et cyprès jetés au fossé
enjambé avec des mots

Un levreau me regarde interdit
sans bruit cependant je suis son épine et sa plaie

mardi 31 juillet 2018

Tête hantée de routes


Tête hantée de routes
de turbulences sèches
je fais le simple voyage qui ne départ pas car - en fait -
je reste en moi.

Et je vacille. Ce devrait être le silence
mais non la grand-route en bas dans la vallée
vient jusqu’ici. Les chiens aboient
- dans la chambre aux tomettes - avec la nuit.
À Agriate Café nous nous sommes arrêtés
où le feuillage grainé insolé n’a qu’un soupir expectoré
dans la poussière d’une seule ombre de terre brûlée.
Pas un refuge. Les racines à nu, je pense.
Pourtant s’impose le souvenir de la vision d’un grenadier - ce que je cherchais
fraîcheur saumonée - et celle de  l’arbre à soie dans le midi.



Agriate Café



lundi 30 juillet 2018

Terre unique


Terre unique, 
en même champ : ciel et blés
et sous les cerisiers - la blessure non superficielle d’une chute d’enfance : l’aberration de l’œil, toujours des doutes -
où deux silhouettes connues
dansent dans les ombres fortuites
et cueillent des gouttes

En cet instant une trombe
- énigmatique tête du clou sur la rampe de l’escalier
dont la vis entête -
dont la vrille (de vitis, vigne) est le vertige
clou du spectacle : l’œil du motif que le cirre crochète

lundi 2 juillet 2018

vagues reflets 9


Tu dirais fringants et ingambes jeunes gens


Tu dirais fringants et ingambes jeunes gens
sous les cerisiers
ils devisent en marchant en mangeant
(comme au théâtre de grands pas). Puis les bras
presque des arceaux prolongent les branches
pour s’en saisir. Cueillir c’est de dos ansé
tête absentée dans l’ombre de l’ombre de la chute
la courbure de toute la silhouette sous la feuillée
tu dirais du paon qu’il tremble et s’ébroue
jetant des yeux de prudence
ils s’aiment cela se voit à leurs pas à leurs bras
sous les cerisiers

Il leur est permis
de s’enivrer d’eau. Ils voient
- n’est-ce pas à peine un dangereux instant
ce qui soutient notre raison ? - comme suspendu
entre les branches
ce champ de bleu
c’est une autre fontaine.

dimanche 1 juillet 2018

vagues reflets 8



Salis de cendre


Salis de cendre et de poussière bras cheveux
blanchis parce qu’ils moissonnent dans la bise
ils : toujours en avance - ici c’est ainsi qu’on nomme le vent du nord -
elle n’embrasse pas elle mord attise les plaies dans les arbres
des yeux coulent
nous vésuviens transis ce que nous voyons l’ordre
des moissons avance la paille - et la sanie des regards -
comment dire ce qui se disloque dans l’air
avec ce qui lie ?
À toi qui voulais défaire le temps leurs scories de forge - l’empire laitier mitraille - 
emplissent les poumons.
Mais debout nous sommes
aux mains le jus des cassis.

samedi 30 juin 2018

vagues reflets 7



Je ne sais pas s'il se pose


Je ne sais pas s’il se pose ou se suspend
à la luzerne minette léger frémissant
miroir dioïque. Il est là. L’envers le prend
dans un souffle aigu de vent.
L’azuré fond dedans.

vendredi 29 juin 2018

vagues reflets 6



L'Argus bleu


L'Argus bleu ou Azuré commun ou Azuré d'Icare ou Icare ou Lycène Icare ou Argus Icare
bleu que veux-tu, bleu ! (le mâle)
vu en allant vers le fumier
Icare pour le bleu ailé ? Il volette dans l’herbe coupée
s’arrêtant au fait (l’unique élévation du pré) l’axe pointillé
des quelques plantains un à un
qui vacillent

Et encore une petite piéride du chou si délicate
en suspension entre le séneçon jacobée et le millepertuis perforé

jeudi 28 juin 2018

Pensées croisées 51



Des cirses il a fallu/ que j'approche



Des cirses il a fallu
que j’approche que je voie brûlante
(brûlaient les avant-bras)
et j’exultais sous ces bouquets
corsetés qui intimaient
à la sécante rythmes rythmes
brassées d’épines  - la Fleur brûlant dans la lumière -
hurlait déjà
et qu’adviendra t’il après,
rêvant en arrière - lorsque j’arrêtai - répit visible sur mes mains
- encore que - l’urgence à traverser la vie
une brassée de cette fleur - des charbons ardents - explosible
serrée sur l’œil :
et ce champ qui m’aveuglait
c'était un feu qu’il fallait

mercredi 27 juin 2018

Pensées croisées 50



Abeilles bourdons et syrphes


Abeilles bourdons et syrphes affairés
aussi tournez faites tourner
et paissez ! Vous si
civils habiles pollinisateurs
alors qu’au vent consentent déjà pappus et vanesses

mardi 26 juin 2018

vagues reflets 5



À présent


À présent : le flambement des molènes - le pré des sons -
molènes : ah ! Fléchissent les hampes
- en bout l’effet compressif - les boutons floraux
lourds d’accomplissement penchent
dans la couleur
jaune bouillon de laines
et de miels
Mes faims, tournez. Paissez, faims

lundi 25 juin 2018

Rythme


Rythme
éprouvé et vécu
c'est-à-dire une sorte de course avec le solstice
effrénée - une danse que la faux danse -
 la Fleur brûlant dans la lumière
- le feu du couchant - la vision perdure longtemps perdure
son mûrissement vers l’Apocalypse lilas
- elle jaillit autour de moi - elle jaillit subitement
perfore la raison de bleu le fer
qu’ouvre la faux au toucher éclaire

vagues reflets 4


dimanche 24 juin 2018

vagues reflets 3


Croît tout un champ


Croît tout un champ de cirses mûrs
des astres épineux plus brûlants à l’ouest où des soifs
- à l’endroit potager de l’abondance -
éprouvent la faux et mes yeux la brûlure
tant que s’élève depuis les mains - les reins l’usure - un chant de lamentation
à Tammuz - rougi au fer -
quand bien même au solstice une danse

samedi 23 juin 2018

vagues reflets 2


Cirse tubulé


Cirse tubulé - rose pourpré - par trois fois
quinze fois érigé
et rameux
en fait croît tout un champ de coiffes épineuses
un âcre parterre au couchant
de brûlants mercenaires

vendredi 22 juin 2018

Millepertuis perforé et achillée millefeuille


Millepertuis perforé et achillée millefeuille
toutes deux également herbes de la Saint-Jean
innombrables leurs cimes nous nomment
innombrables bras

Corps à corps avec l’herbe solaire
puis bien plus tard l’air fraîchi
la lune nous suit
les gravillons livides abaissent nos yeux

vagues reflets




jeudi 21 juin 2018

Pensées croisées 49



Dans le noir écho des O


Dans le noir écho des o 
des roses renversées et des limbes cordés
du tilleul - en haut des écus scintillent -
au soir décuplé


de réplique en réplique rondement
les grillons assidus : redouble la tentative d’approche
chant d’appel ou chant de cour
dans les herbes furtives

mercredi 20 juin 2018

Des formes lointaines


Des formes lointaines
récidivent - l’espace danse discrètement dans l’éblouissement -
j’épie l’intermittence du vocabulaire
comme du sang - au-dessus un alphabet tout bête caquette éperdument -
c’est dans la rafraîchissante douceur des feuillages
et l’aplat de roses disséminées
sous les courbes des charpentières - sous les courbes
le sang évasé inviolé -
l’invocation et le testament
qu’il s’irradie