dimanche 22 décembre 2024
Chant d'éoliennes - très vite les pylônes
très vite les pylônes
(comme les forêts jadis) s’avancent
traversent la voie
traçant la perpendiculaire
- un horizon -
à notre inéluctable
samedi 21 décembre 2024
Chant d'éoliennes - Le train son allure
Le train son allure force l’horizontalité
et la durée - l’étendue en profondeur du paysage -
Là les éoliennes, ces sabres
(ces faux)
ont repris de l’activité
et dispersent des loques
tout un parc s’agite
qu’il ne sert pas d’énumérer
en une sorte de danse macabre
vendredi 20 décembre 2024
Chant d'éoliennes - discrètes
discrètes (sans accord avec le silence
des éoliennes).
Étincelle
leur mutité
hagarde
au levé du soleil
leur discrétion l’emporte
innombrablement
sous la fixité.
jeudi 19 décembre 2024
Chant d'éoliennes - un silence blanc
un silence blanc
réverbère sur l’étoffe
du paysage, sa fixité
inquiète
les sillons
ébranle
les pierres
mercredi 18 décembre 2024
Chant d'éoliennes - au loin aiguilles
au loin aiguilles
sur le ciel blanc
et liquide
(c’est la batiste manquante ?
elle flotte elle aussi
pourtant épinglée)
mardi 17 décembre 2024
Chant d'éoliennes - Oiseaux matelassiers
Oiseaux matelassiers
à la reliure de terres fraîchement terre
à la reliure
sillon
noue
sillon
noue sillon sillon sillon
nous (notre train notre allure) sillons,
flottant sur leurs reliefs
des pierres ou des mèches
à bouter
parsèment le brun profond
lundi 16 décembre 2024
Chant d'éoliennes - Vivons flânons tremblons
Vivons flânons tremblons
l'armée des géantes nous garde de la nuit.
La forêt des géantes chauffe la nuit épouvantée.
Aube, petits arbres au long des routes
et volées d'oiseaux (merles irréductibles,
corbeaux perspicaces, lanciers
de Lug, artisans de l'aube)
en conjectures perdues, hasardeuses,
mais portant liaisons d'évènements concomitants
et transitoires.
dimanche 15 décembre 2024
Chant d'éoliennes - Pour toujours elles l'ont prise
Pour toujours elles l'ont prise
- comme désamorcées -
la pose dans l'air calme :
(alors ce sont de sommaires tours d'ivoire,
sommaires et statiques
sous l'égide desquelles nous flânons)
- ou désaccordées de tout -
(quand vents survoltés)
elles sabrent sans trancher
en guerrières inflexibles.
Le bruit de la charge est terrible.
samedi 14 décembre 2024
Chant d'éoliennes - il faut croire que l'aimant
il faut croire que l'aimant l'aime (lui sans n)
animant la constance
ré animant le flux continu (pas d'état d'âme).
Comment ça marche ?
Les pylônes : une colonne
de fantassins grande erre
assure la continuité de port.
Mais ce sont les géantes impassibles
qui en imposent.
vendredi 13 décembre 2024
Chant d'éoliennes - Mais le vent dans l’arbre ?
Mais le vent dans l’arbre ?
Le vent produit la rotation des pales.
Le vent dans la turbine - avec assiduité
et précision
elle convertit l’inconstance du vent -
l’intermittence de son énergie cinétique - en énergie électrique continue
(grâce et précision d’une turbine aurait dit W.C.W)
l’alternateur c’est l’aimant
par l’aimant la permanence est assurée
jeudi 12 décembre 2024
Chant d'éoliennes - l’énergie cinétique du vent
l’énergie cinétique du vent
transformée en énergie mécanique
puis électrique, via l’alternateur.
Oui
(la rotation de l’axe - l’arbre de la situation -
entraînant le rotor - l’aimant cylindrique -)
d’accord.
mercredi 11 décembre 2024
Chant d'éoliennes - amplement c’est votre parade
amplement c’est votre parade
qui semble assurer paix et sérénité
par la stature de ciment et d’acier
de carbone et de fibre de verre
- des colosses de fermeté -
l’inconstance convertie
- au prix d’affolantes effigies -
en permanence
mardi 10 décembre 2024
Chant d'éoliennes - mais vos pales fendent le vent
mais vos pales fendent le vent
sans l'écluser
en silence
vos lames
palissent le ciel
un verger froid et sans fruit profile
le paysage
pas totalement infertile
lundi 9 décembre 2024
Chant d'éoliennes - tout n'est pas domesticable
tout n'est pas domesticable
sauf par vous éoliennes
vent debout au champ d'écarts
qui chorégraphiez la plaine
Lares familiers en quelque sorte
un colosse tutélaire veille sur chacun
dimanche 8 décembre 2024
Chant d'éoliennes - Dans l'ordonnancement des parallélogrammes
Dans l'ordonnancement des parallélogrammes
- vaste platitude expansée expansive
des bruns piqués de merles, bissectés de vertes corvées -
des pylônes font des arbres très corrects,
elles aussi
sur ce front seulement les éoliennes
bombent le torse
face à
la bravoure des vents
samedi 7 décembre 2024
Je dormirai
Je dormirai - de ce point de vue-là -
tout une morte saison
qui n'a rien à voir avec la mort
mais avec l'introspection, voire l'intro-spéculation
du rêve.
vendredi 6 décembre 2024
J’essaie simplement de dormir.
- J’essaie simplement de dormir.
Mais l’herbe m’assaille, la parole remontante
gravit la nuit exhaussée par degrés insensibles
- une broussaille herbacée
et semi-ligneuse boucle dans le sas -
jeudi 5 décembre 2024
le verbe - verte geste d’une journée
le verbe - verte geste d’une journée
passée à réduire
(sans la résoudre) la force brute,
la vie débordante,
et l’assertion de sa capacité à tout couvrir,
à propager -
le porte en son flux.
mercredi 4 décembre 2024
ou c’est sa conviction qui l’emporte.
ou c’est sa conviction qui l’emporte.
Le grand vert (V viride, victorieux vert d’herbe - je dirais : V herbe)
renverse la vapeur, affloue le corps hypothétique
progressif glissant
vers le - rêve qui secrète son propre
polypier -
il lâche prise
l’herbe le porte en son lit rayonné
mardi 3 décembre 2024
Un nuage dont la base touche le sol
Un nuage dont la base touche le sol
m’enveloppe et arraisonne
je pense à Io perdant pied perdant
raison et feuillages et
herbe coupée sous le pied de la rationalité,
renversée par tant de persuasion
ici c’est un rapt aussi
lundi 2 décembre 2024
Une lente incoercible crue m’impose son rythme
m’impose sa couleur comme une main,
sa couleur crue elle aussi
visible encore sous l’eau météorique
juste avant sa déposition.
dimanche 1 décembre 2024
Jeunes pousses « tendres » dit-on
Jeunes pousses « tendres » dit-on
mais tendre aussi est cet herbier, images
et pensées de l’avant sommeil,
juste avant l’affluence du rêve
(le verbe qui enraye la raie du rêve).
Cette herbe lourde à travailler
imbibe le corps
que je laisse dériver.
Une lente incoercible crue m’impose son rythme
samedi 30 novembre 2024
je mâche herbe je broie du vert
je mâche herbe je broie du vert
je bois jus d’herbe (la tasse), je pense
herbe air viride bâillon d’herbe
embâcle (bronches)
compacité verte dans poumons (végétalisés)
je visualise des talles.
vendredi 29 novembre 2024
L’oreiller d’herbe
L’oreiller d’herbe dont la grandeur
à en délinéer les lés toute une après-midi durant
- un aller, un à revers -
démesure le corps (lui irréversible)
est précisément celui qui endormira la bête
que je suis, (animale)
noyée dans la couleur
submergée de vert
pensées du premier sommeil, puis rêves
jusqu’au sang teint dans les artères
jeudi 28 novembre 2024
Lorsque me revoilà face au
Lorsque me revoilà face au
cyclamen de Naples - le havre à jamais -
l’éternel de retour, encore une fois, en ce lieu
(lieu entre tous, cyclamen à l’oreille opportun
me ramène à ma propre révolution).
Un cercle évident, amène.
mercredi 27 novembre 2024
Qu’as-tu à démontrer, toi,
Qu’as-tu à démontrer, toi,
comment dire ta reconnaissance
envers sa démonstration de hardiesse
et sa tempérance
l’œil prudent jaugeant les alentours
au mieux
(au mieux de sa grâce et de l’expédient,
au mieux de l’usage du monde).



