dimanche 6 octobre 2024
et nous laisse / désemparés
et nous laisse
désemparés
bien qu’amarrés à la terre
du poème.
Combien on s’y entend
pour rater les évènements
les phénomènes !
De l’autre côté je peine
à suivre des yeux
deux mâles pipistrelles
voltigeant sous l’auvent
détourant mes cheveux
leur vol orbital
affolerait n’importe quel
œil désastreux
foyer embobiné je gire puis les perds
évanouis dans l’anfractuosité
du mur
samedi 5 octobre 2024
Il n’y a plus qu’à saluer.
Il n’y a plus qu’à saluer.
Cigogne
signe de rien d’autre
que sa présence
sur place tel soir
au relais des épicéas (immenses
à l’ombre tenace)
Sa majesté
nous prend de court
vendredi 4 octobre 2024
au faîte
au faîte
claquètement rompu soudain
tout comme l’équilibre patient
qui les maintient
vent debout
et d’un coup
(de drap blanc brièvement tendu
détendu) clap aussitôt suivi de la désolation
d’une place nette
hypnotique.
Le blanc translucide et nacré
de ciel
surligné de rose-orangé
et la silhouette découpée des épicéas
comme par l’intervention d’une main
prestidigitatrice
relance le soir
l’air de rien.
jeudi 3 octobre 2024
ces effigies
ces effigies
quand je ne vois rien
qu’un océan d’inanité
ciel trop blanc comme absent
leur immobilité
un jeu précaire
sur l’extrémité d’une brindille
mais leur attente
finit d’un coup - on ne sait quand -
mercredi 2 octobre 2024
en passes avec le vent
en passes avec le vent
en chevauchées de masses humides
et crêpelées.
Cigognes ici
des surf fish statiques qui composent leur session
avec le ciel
apposées sur sa blancheur
qui contrecarrent le soir
et trompent mon œil
mardi 1 octobre 2024
Une danse que nous ne menons pas.
Une danse que nous ne menons pas.
C’est lorsque les onze cigognes
juchées sur les épicéas noirs
ont commencé leur claquètement
que j’ai convenu de mon absolue contingence.
Je n’avais qu’à suivre le rythme
- au temps pour moi - tant elles
s’y connaissent en bruitage avec le bec
(rythme que je ne parviens pas même à tenir avec le pied).
lundi 30 septembre 2024
Nous n’avons peur de rien.
Nous n’avons peur de rien.
Plus rien ne peut nous dissuader
de prendre part
(ou pas)
de contempler - c’en est une façon -
l’incontemplable objection
que nous opposons à la vérité
et de composer la dissidence.
C’est une autre danse dans laquelle heureux nous entrons.
dimanche 29 septembre 2024
de glisser dans le champ
[... La sensation de faire partie
d’un mouvement plus général]
de glisser dans le champ
incorporés au remous
ou ballotté par le ressac
sinon la communion,
à pleine bouche l’air piqué d’akènes
(ces pointes à l’accent phatique
qui aiguillonnent les corps
et les paroles)
nous sommes rattrapés
par le regain des herbes
lourdes
pleines
orantes odorantes
plein champ
et le plantain de nouveau
libère les langues ensablées
la prolificité.
samedi 28 septembre 2024
Les ombres se touchent.
Les ombres se touchent.
Les bouleaux sèment
et nous nous aimons dans leur ombre.
Que peut-on chercher ainsi
durant toute notre vie de sable
toujours plus amenuie ?
Sinon cette vision simple ?
La sensation de faire partie
d’un mouvement plus général
vendredi 27 septembre 2024
plutôt que de l’ennui mais / oui
plutôt que de l’ennui mais
oui
on est heureux !
Puisqu’il pleut des akènes
sur nos cheveux
(une pluie sèche mais
non inerte sur la chevelure et
sur les lumignons clarifiés
fragiles clartés de plantains)
jeudi 26 septembre 2024
mais non : / on y peut mais.
mais non :
on y peut mais.
On abdique
impuissants mais
rien n’entame la joie
d’être l’objet du dévolu
de l’assaut du temps
de la vie
des akènes
mercredi 25 septembre 2024
Tout est si proche
Tout est si proche
plantain étoiles
écailles protectrices des akènes délicats
tombées en flèche
(des écaillures
qu’on trouve partout
insinuées
dans le mitan des lits
les plis inguinaux les
sillons sous-mammaires)
c’est une invasion sans être hostile
qui nous submerge
comme les vagues du temps
ce sable obsessif
qui ruisselle
ce crissement dans les rouages
ce grain de trop qu’on chasse en tapotant
les vêtements en secouant la tête
mardi 24 septembre 2024
Ce n’est pourtant pas / un combat rapproché
Ce n’est pourtant pas
un combat rapproché, dis-je,
mais un acte d’amour.
Couverts de ces semences
et de leurs écailles sagittées
nos corps fertiles
seront-ils mieux fécondés ?
Une pluie de métaphores
fait le transport
heureux.
lundi 23 septembre 2024
de même quand je me trouve prise
de même quand je me trouve prise
comme dans la tempête
sous une pluie de hasts minuscules
en passant la boulaie turbulente
le vent pousse
leur magnitude jusqu'à mon œil (cet autre astre)
(pour ma gouverne
mon gouvernement de l’espace
et des sensations).
dimanche 22 septembre 2024
J’assume / l’équipée aérienne
J’assume
l’équipée aérienne
entre les deux grandeurs
(je vole entre deux)
plantain intermédiaire
(dit moyen) / versus étoile filante
(brûlure très relative
très triviale)
je sollicite leur magnitude
samedi 21 septembre 2024
ni la révolution
ni la révolution
de nos corps
ni celle de nos souffles
altérés)
sans drame éclatant
est-il dit
nous assumons pourtant
la solution de continuité
entre vos grandeurs incommensurables.
vendredi 20 septembre 2024
la métaphore / s’applique
la métaphore
s’applique
avec on ne sait quel zèle
au ravage
des centres de masse
au sabotage
de nos espaces internes
(tout sauf euclidiens)
(aucun soleil pour centrer le mouvement
jeudi 19 septembre 2024
tandis qu’un plantain
tandis qu’un plantain
perce le flanc
étoilant l’orgasme
apical.
C’est un artifice superbe
encore
que ma pensée assimile
à un petit feu nourri
filant comme une étoile
mercredi 18 septembre 2024
un iota fulgurant l’encéphale
un iota fulgurant l’encéphale
aguerri
traversant
le système nerveux
et en nous
épigones reconnaissants
ça brille aussi :
des essaims se désagrègent en
consumant leur propres repères / référentiels
mardi 17 septembre 2024
comme poussière lumineuse
cométaire
(d’une sourcilleuse austérité
et silencieux).
La vélocité de leurs déplacements
nos sensations fugaces
itératives
en sont l’écho
en sont - à petite échelle -
la réplique
lundi 16 septembre 2024
tandis que toute notre raison
tandis que toute notre raison
dilapidée dans le phénomène
éclaire
d’une lumière éparse
le corps essaimé
brin à brin à brin
corps comme plantain
sourcilleux
comme poussière lumineuse
dimanche 15 septembre 2024
accélérant nos déplacements
accélérant nos déplacements
à l’aveugle
tâtonnants
propageant nos pluies.
Dans cette grandeur
incluant toutes les autres dimensions
- toutes les questions -
le pied est perdu soudain
(perdu pour la raison)
vendredi 13 septembre 2024
nos corps sont deux équerres abouchées
à l’affût de météores internes
se mirent en elles
filant l’image
filant l’homologie.
(Pour mieux lire
fermer les yeux ?).
Friction, compression, échauffement
transforment nos petits corps
les vaporisent
jeudi 12 septembre 2024
Attouchements ?
Attouchements ?
L'idée d'espace vient de la sensation.*
Vouloir voir
et se laisser toucher - furtives
(cursives)
étoiles filantes
comme des pensées
arrivant au visage
éclairé -
nous voici pris
dans le filet de leurs
vies / déplacements
(le même filet que nous
foulons aux pieds
probablement)
la nuque formant l’angle
aigu
nos corps sont deux équerres abouchées
* Victor Cousin, Histoire de la philosophie du XVIIIesiècle, 1829, p. 141, citant Locke (livre II, chap. XIII, paragraphe 2), à la définition "attouchement" du CNRTL
