L’amie vient nous rendre visite – c’est cette fois-ci
sans son bâton puisqu’elle n’est pas venue à pied –
nous discutons d’âge et de pavés, de mémoire – des toponymes
et des patronymes, des disparus – de ce qui change dans le village
où elle a vécu, où son père est né, où je suis comme une étrangère après vingt ans.
De ce qui ne change pas.
Nous sommes deux vies qui se comprennent sans beaucoup parler,
– sans avoir à parler beaucoup – qui ne se croisent que rarement, bien que voisines,
ou peut-être jamais ?
Le dernier mot – prononcé en nous levant, qui nous meut,
mais dont ni l’une ni l’autre ne faisons le slogan ostensible au cimier
tel « écoutez écoutez », « nous avons été », « cairn du souvenir », ou « rocher de l’alarme »,
non non, ce mot prononcé pour nous seules –
est celui de nos insurrections.
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