vendredi 8 juin 2018

Nuages amoncelés


Nuages amoncelés pareils à des fleurs
pareils aux amoncellements des friches -
ici île de la Loge on aménage des prés mellifères
et des vergers - pour sauver quoi ? Notre légitimité -
on aménage l’idée de nature celle d’état sauvage on croit rendre ainsi
ce qu’on pense avoir pris -
nuages filaires éclos pareils aux nigelles aux mauves aux bleuets
mélilot officinal et glabre réglisse en hausse, orties
- non pour elles-mêmes mais pour la conscience coupable envers les abeilles -
Tandis que dans les fourrés touts proches retentissent les tirs du paintball sportif
la Seine coule paisible entre ses rives pavoisées de plastiques

île de la Loge 3




mercredi 6 juin 2018

Rue de l'Olive


Rue de l’Olive il fait beau
ce dimanche midi.
Puis les tilleuls de Max Dormoy
au tronc fin et droit
chétifs à peine fleuris
et l’ombre verte sous les platanes de la Chapelle, salutaires.
Toitures de valérianes et géraniums à Rueil,
et la Seine. Une île, la Seine.
En gare de Chatou, un homme court avec des fleurs
cursives tremblantes dans la découpe rectangulaire du soleil.

île de la Loge 2




mardi 5 juin 2018

île de la Loge


En cet instant


En cet instant : nuit, répit - regard en arrière, le présent perdure tout près -
arrivée où je peux
seul m’est proche un jardin de pavots
et de trémières opulentes
à venir
où potentilles gardent le chemin en rampant

postulat - sans nécessairement perdre de vue le lointain -
que c’est là - jardin - le lieu du présent
sur lequel - ô oui - bruit doucement l’inventaire du vent
le toujours variant

le parfum du tilleul - ainsi - t’est toujours étranger

dimanche 3 juin 2018

Orage


Orage
ciel et socle soudés en une seule lumière
lourds graviers dans la voix

de tors bâtis
progressant
en surfilant le massif
l’orgie de liserons 

qui absorbe la lumière
devient la lumière

ogresse des dessous
la lumière déforme la terre

Pour un herbier (44)



samedi 2 juin 2018

Sang évasé


Sang évasé.
c’est l’indice de voix évasées lourdes
dans les branches charpentières
et les interstices - affloués aussi -
persistent - mais tout maintient l’ascendance -
et se démultiplie l’espace - plié déplié -
coloré
colorant l’invocation. Suffit
le sang des roses novices sur les dalles.

Pour un herbier (43)


vendredi 1 juin 2018

Pour un herbier (42)



Contre l'idée qu'on se fait


Contre l’idée qu’on se fait
aujourd’hui trépidant sous l’effet du vent
il s’écartèle
on dirait qu’il cherche à s’envoler cherche
à suivre le vent non ce ne sont que ses roses qui
font balancier - roses formant le lest -
et les pétales 
sur les dalles qui dansent
cette danse une incantation passionnée
sans aucune promesse d’accomplissement
ce que l’œil voit il le sait

jeudi 31 mai 2018

Pour un herbier (41)



Un rosier appareille


Un rosier appareille
très lentement
respirant l’arc de cercle sur le mur jaune sûrement il scande - rouge -
et s’ouvre - très convaincante convexité des courbes -
roses formant le lest
en dansant
encense
alentour

mercredi 30 mai 2018

Pour un herbier (40)




Des roses - toutes détourées - accomplies


Des roses - toutes détourées - accomplies
dans la flexion
- l’arc tendu de désinence -
rouge foncé dans lesquelles se plie
tout l’espace disponible entre
les deux portes-fenêtres

mardi 29 mai 2018

Pour un herbier (39)



Parce que la pensée discerne ou incorpore


Parce que la pensée discerne ou incorpore
façonne les intervalles au même titre que les choses et les corps
compose avec, et en composant s’accorde de jouer ou
se permet le dissentiment avec les mots, d’un jour à l’autre difficilement ajointé
à la nuit, comment, au nom des choses, je descelle des pierres et décèle
un poumon.
Son et sens naissent dans ces intervalles.
Je ne prétends pas avoir vu distinctement
j’entendis : trouve-moi, réelle, impossible à confondre
si
visible dans ta voix
alors tu es réelle

J’assiste (de loin) à la parade nuptiale des deux merles sous le pommier
ils se poursuivent en sautillant
course en cercle bec ouvert
sur lequel le crépuscule est venu
s’appuyant sur leur chant :
tout le reste exclu

lundi 28 mai 2018

Plus de pie mais la pluie.


Plus de pie mais la pluie.
Les minuscules points colorés - rouges - des heuchères
- désespérantes - s’agitent en bordure,
notre lisière de nuit
amenée doucement avec ces scories :
l’obscurité éraillée.
Toujours la même chose mais pensée autrement.

dimanche 27 mai 2018

Et pour nos maux donc


Et pour nos maux donc
le tilleul remplit son office
- un havre vert insonorise -.
Au dehors l’attente
poignante - au coignart blanchit l’attente - la meule
et puis la pie.

Unique vue de sous le tilleul.
D’une meule la dune blanchie.

Pour un herbier (38)


samedi 26 mai 2018

Pensées croisées 45




Venue des roses


Venue des roses
assez roses
lourdes pensantes pesants
d’ombres fortes et
ressuyées
qu’on ne quitte pas     secourables
et pour nos larmes
l’odeur poivrée du géranium et
de la julienne des dames

au centre du soleil est une pie qui regarde
l’obscurité dans mes yeux

vendredi 25 mai 2018

Pensées croisées 44



Au bord du / carré ébloui


Au bord du
carré ébloui
les cassis odorants - coriaces - odorent
et je regarde
la pie sur l’herbe fraîchement coupée. Blanches
rémiges rangées sur le corps noir
beau ventre blanc et flancs quelle
mécanique suscite ainsi
ses saccades éblouissantes
m’étourdissent

jeudi 24 mai 2018

La pie


La pie - échantillonnage de la scène visible -
- ou sa suite de valeurs discrètes sur le pré -
piète dans mon œil abusé
près du tilleul où
la roue tourne à l’envers parfois
où
des voix tournent dans le bourdon
des voix
qui tourmente la fleur
la traversée des doutes
(floraison n’est pas raison)
qui taraude le stigmate
viride dans la lumière intermittente
quiète inquiète
elle opine de la tête
à quoi bon à quoi
acquiescer ainsi ?

Pensées croisées 43




mardi 22 mai 2018

La pie s'échantillonne


La pie s’échantillonne. Sur le pré éblouie près du tilleul
où je suis repliée avec mon spectre
des voix tournent dans le bourdonne-
ment
un mouvement intermittent
stro bos co pique
quiète inquiète la pie / opine

Pensées croisées 41



lundi 21 mai 2018

Le tilleul martèle


Le tilleul martèle.   
       Sous le tilleul
un tourment tourne tourne - avec les ocellées -
comme sur un plateau
ce qui n’est pas un jeu - ni un manège - pourtant
fait fête.
Pica Pica une pie bavarde
fractionne le temps    - humeur saccadée -
entête

Pensées croisées 40



samedi 19 mai 2018

La clameur monte


La clameur monte avec la chaleur
le colza enivre le chemin monte
l’ivresse est vaine et sans objet il n’y a vraiment pas de quoi - quoi ? Tu parles seule - être gaie - tout ce jaune englue la lie est dans la tête - est une couleur complémentaire -
Tu parles ! Pédale plutôt !
La lisière du bois a été mâchée par un broyeur
les branchages amassés au godet forment une paroi élevée - la forteresse n’en est que plus obscure, humide, impénétrable aussi

Pensées croisées 39