dimanche 19 décembre 2021

Voici donc l’épreuve

Voici donc l’épreuve de l’aube ! (mots
d’un poème naissant)
(L’aube d’un poème, s’entend !)
(Voici l’aube vraie, inexorablement recommencée
d’un poème qui devient nodal)

samedi 18 décembre 2021

Expositions 20 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 312


 

Jusqu'à ce que

Jusqu'à ce que tout visiblement recommence.
Hors de la neige maintenant
commence à poindre la crête brun-gris
de vagues statiques, des vagues d’herbes brûlées,
surprises avec la cendre
 
comme point déjà un sens dans ton esprit 
- la sensation monte -
la sensation de toi au centre de cette danse
comme moyeu de la chorégraphie, ce chahut
d’ailes et de logogrammes par quoi le jour rondement vient.

vendredi 17 décembre 2021

Expositions 19 - ( mars 2019 )


 

À fragmentation 311


 

À quoi sert de dire

À quoi sert de dire cette aube ?
À pénétrer l'hébétude, lenteur alliée
de la neige et des merles posés
sur cette page comme des feuilles ou des mots,
et la multiplication de ces parties :
 
aubes insignifiantes et tracas de bêtes
rumeurs, divagations,
clameurs muettes. Clameurs !
Je tends l'esprit frappé d'absence
- de l'irréductibilité du sens -.

lundi 13 décembre 2021

Expositions 15 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 307


 

Que fixent-ils ?

Que fixent-ils ? Leurs va-et-vient ponctuent
un grand blanc - que n'ai-je retenu avant
l'emplacement des sentiers ! -.
Les merles ne restent pas, ils tracent obstinément
de nouveaux signes de vie - à lire cette morsure
 
dans l'effacement de toute perspective -.
Rondes et marquages délébiles - ce qui est vivant
ce qui bouge perce déjà l'homogène clarté du matin.
Chemins invisibles sous le manteau : est-ce dire
qu'ils sont proscrits ou circulent clandestinement ?

dimanche 12 décembre 2021

Expositions 14 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 306


 

Je suis le chemin

Je suis le chemin. À pénétrer le silence nival -
ce régime tout spécial du transport - de mon regard
de naturaliste calme et perplexe - qu’est-ce qui
était là, au fait, et composait cette vision ?
Qu’est-ce qui étaie-là ta vision, tu veux dire, quel fait ?
 
Quelle neige  me compose et m’unit ?
J’accommode l’œil à la courbure du champ agrandi
- une extension de l’aube où la haie a disparu,
transigeant avec la distance : plus rien n’est proche ou
lointain, tout lévite - que viennent avec légèreté épingler les merles.

samedi 11 décembre 2021

Expositions 13 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 305


 

Nous oblige

Nous oblige en vis-à-vis, à un engagement
de tout le corps - tu dis t’émouvoir : comme il faut y aller ! -
car aucune proposition déclarative ne suffira
pour témoigner de l’accès.
Je suis le seul chemin, à cet instant précis.

vendredi 10 décembre 2021

Expositions 12 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 304


 

Ça

Ça, est-ce la conspiration des merles
et des feuilles ? Ne dis pas de bêtises ! Et contre qui donc ?
L’entente des choses entre elles, leurs métamorphoses et transmutations
- ni déduction ni inductions pour appréhender cela - auxquelles
participe notre langue, nous oblige et nous compose.

jeudi 9 décembre 2021

Expositions 11 - ( février 2019 )


 

À fragmentation 303


 

Les merles

Les merles ne disent rien.
Perçant la matière de l’air en tous sens
comme arrachés à eux-mêmes, ils fondent sveltement,
et se réceptionnent sur le sol
(quand j’essayais en vain de le fenêtrer).
 
Qu’est-ce qui est tangible, alors ?
C’est le rythme qu’on donne à cette danse
aérienne et terrestre, ce manège
qui est le leur, qui est le nôtre, dont l’œil est le témoin
et l’interprète depuis notre affût. Transposé dans la consistance du poème.
 
C’est ça ?

mercredi 8 décembre 2021

Expositions 10 - ( décembre 2017 )


 

À fragmentation 302


 

Puis vient la neige

Puis vient la neige qui tait,
sous son éclat homogène
toute velléité de poème.
Et les merles silencieux, sveltes
comme des feuilles d’automne,
 
crochètent sa flagrance. (le concept, lui
ne vole pas ainsi de ses propres ailes
et ne se manifeste pas, noir sur blanc,
pour débusquer l’évènement sous la neige glacée.
évènement qu’il définirait, au mieux, en un vers ou deux, faute d’univers.)

mardi 7 décembre 2021

Expositions 9 - ( décembre 2017 )


 

À fragmentation 301


 

(qui n’est certes pas royal

(qui n’est certes pas royal, seulement mien
car j’en ai l’usage et l’usufruit). De la nuit me déduis,
nègre au jardin des simples, invoquant-effeuillant
- vocative affine -, des figures et des fruits aussi imprévisibles
que toute intention dans mon esprit.

lundi 6 décembre 2021

Expositions 8 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 300


 

Sans elle

Sans elle, de quoi serait-il le témoin ?
Nuit et son cortège de descendants,
lune, prudence, amour et réprobation,
veille et sommeil. Tandis que la spirée en est, elle, l’attestation.
On ne me la fait pas, tu vois ! C’est Phantasos que je connais en mon jardin

dimanche 5 décembre 2021

Expositions 7 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 299


 

Je suspends mon incrédulité

Je suspends mon incrédulité au détour d’une spirée :
j’accorde ma foi à cette disposition végétale
qui veut le recul hivernal. Qui sacre de simples buissons
adornés des magnificences de l’hiver
ou c’est moi, qui fais d’une extension de réalité
 
un jardin imaginaire, le début d’une histoire.
J’écris mon histoire en regard du buisson.
La lumière, qui fait défaut maintenant à l’intérieur, je la cherche au jardin.
Au besoin, ne ferai-je pas prochainement entrer un arbre dans les murs,
pour la mesure ? Sûrement non !
 
J’aurais pourtant foi en ces effigies ! Mais non !
Il manque au Noël les conditions élémentaires
du langage. Il manque la nuit.
(nuit de la réalité hivernale en notre hémisphère.
Nuit de la prolificité, pleine et entière.)

samedi 4 décembre 2021

Expositions 6 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 298


 

La lune a changé

La lune a changé. C’est elle qui tient maintenant
le rôle capital dans ce couronnement
- des broutilles givrées peut-être bien tintinnabulent
à chacune de leurs inspirations ça noie le poisson,
ça ne peut être qu’elle changeant ainsi le registre -
 
elle intronise l’hiver et son jeu d’optique. C’est
là un progrès majeur pour l’observateur qui voit plus clairement,
dans la nuit froide, qui voit dans son retrait la manifestation
de l’être souverain, mieux que dans le jour fastueux :
un buisson de spirée.

vendredi 3 décembre 2021

Expositions 5 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 297


 

Vas-y doucement !

Vas-y doucement !
(Gare au désastre qui nuit.
Il y a là-bas un buisson de spirée - sybarite - qui
obture le pré voisin en été, maintenant
son optique te guide dans le nuit d’hiver
 
dissipant ton équation personnelle et évitant ta perte
à mesure qu’il se retire.
Aux repérages et aux mesures de positions
tu devras ton tympan indemne, et un œil
alerte.)
 
Et tremble avec lui,
puisque tout n’est plus cette saison que tremblement,
vacillation avec le vent, vacille va va !
La lune est mobile dans le réticule.
Tu t’emploies à suivre ces hésitations exactes.

jeudi 2 décembre 2021

Expositions 4 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 296


 

Ainsi tu respires avec lui

Ainsi tu respires avec lui : ce thème,
tu l’étires. (Tu ne voudrais pourtant pas son étiolement.)
(La marguerite commune est une composée autrement dit astéracée
- un astre que tu continues à étirer bien après qu’il ne luit plus - :
n’en fais pas un chrysanthème !)

mercredi 1 décembre 2021

Expositions 3 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 295


 

Sa mire

Sa mire - son objectif - il lui faut l’inventer,
la recréer d’un transfert de matière. Un poème
n’atteint pas son objet mais l’impression qu’il a
faite - ou pas, et c’est pourquoi il ne l’abîme pas -.
Il travaille à cette impression jusqu’à la - presque - retrouver,
 
(aucun souvenir n’y suffit, il faut la découverte
dans la matière vivante - un ferment s’active là qui
fabrique son objet en le connaissant - le dévoile sans attenter
à lui, puis soudain le reconnaît) et s’en trouve réjoui.
Trouve satisfaction à cette effusion.
 
Spirée, son esprit souverain est en sa palpitation
ce sommeil soupesé, ce reflux ? Reine en soi
que le givre avive en brune renommée
sous sa résille calcinée
- fragile jusqu’à s’amuïr -
 
aveugle pourtant l’œil passager
quand le réticule divise sa nuit.
On peut espérer plus : faire un vitrail vrai
de cette vision spirée. Travailler cette résille
jusqu’à concrétiser la respiration.