dimanche 9 janvier 2022
Regain, rechute
Regain, rechute, fuite en avant : suite fréquentative
liée à la séquence (le pas chassé glisse au fossé - son
suçon
son bruit de forêt
sa profonde
étreinte saisit le pied sous une salve d’ailes
haut dans les ogives - puis chut) oh mais !
c’est qu’elle t’appelle de ses voeux mouillés,
alors tu repenses aux vertus de l’épingle à cheveux
et du lacet, tu brouillonnes des entrelacs et souillon
réapparais plus loin
alourdie, plus lourd ton soupçon
(non affranchi de ses cajoleries)
samedi 8 janvier 2022
Parce que le champ
Parce que le champ est là de tout temps
et le refrain se répète inlassablement -
à quoi pensais-je ? -, l’ennui guette
sauf à créer un monde verbal avec ces
choses perpétuelles que sont la terre retournée, les
ornières, le dégel.
Tout est dans ma tête, les mots qui composent le paysage
me composent - il me promène,
ça dépasse mon entendement, je n’y suis plus : je suis -
la boue du chemin fait un bruit de débâcle, de regain aussi,
(de cerveau en débâcle), un mouvement itératif et
le sol fuit.
vendredi 7 janvier 2022
Je regarde les ornières
Je regarde les ornières comme des
parures - ceintures
empreintes dans le flanc -. Empreinte
est la trace, empreinte la motivation
répétée avec le même effet de symétrie
que l’anaphore rythme la phrase et le refrain
brise le chant interminable de la vie.
Il y a un champ parcouru d’ornières où
reflète l’étincelante évidence du ciel passager
flottant dans la persistance. C’est moi qui parlais
solution de continuité.
jeudi 6 janvier 2022
L’usage
L’usage qu’on en fait. Cette boue
mâchée et remâchée, à nos pieds
ressassée. Elle fait son âge dans le tamis
de nos pas, l’âge du dégel et de la débâcle.
Il a fallu la rupture du terrain source.
Solitude ou pluriel innombrable, indénombrable.
Nous suivons notre prochain à la trace - aux erres -.
Ces apparences sont réalités, tout ce que nous savons
du réel à vrai dire. Voilà ce qui fait le paysage :
en tous sens c’est l’usage qui en est fait.
mercredi 5 janvier 2022
Le redoux, pluvieux,
Le redoux, pluvieux, alimente les conversations.
Nous, heureux d’avoir retrouvé le sol,
nous discutons de qualités intrinsèques
et de substantifique noue,
tandis que nos pieds s’agglomèrent.
Sans me l’avouer j’avais guetté l’instant
des violettes. Mais on en n’était pas déjà aux
cordelières
minutieuses tramant la terre,
sa complétion rigoureuse. À tâtons dans la nuit
je cherche les anciennes rigoles.
mardi 4 janvier 2022
Le redoux
Le redoux est venu brouiller la question
des merles. Les poules seront à la fête
dans la boue noire et l’herbe auréolée
du prestige de la forme retrouve de l’attrait
pour tous. Il y a de nouveau des mouches dans
l’air.
lundi 3 janvier 2022
C’est au fond
C’est au fond un silence qui porte les voix qui
le font entendre, nei ge,
insonorité
plutôt que néant, qui donne conscience de l’énergie
à dépenser pour apporter une réponse à ce qui est.
Un silence qui génère. Quoi ?
Debout je l’écoute porter sa pluralité.
Le caillot comme un grelot sonne dans la parole étroite
que le silence amplifie. Le jardin résonne.
Même ce qui se tait émet une voix : tu vois
comme les merles perforent ce silence ?
dimanche 2 janvier 2022
Mais ce corps insoluble
Mais ce corps insoluble comme la pierre,
et coi (ou est-ce un caillot ?)
questionne la blancheur irradiante,
comme un écho que le coq une fois reprend.
La pierre bouillonne.
samedi 1 janvier 2022
(Te précipite
(Te précipite, t’allitère, te
couche, t’esquive :
la neige - cette calamité - rabat toute velléité.
La forme, captive de ce
néant bi syllabique, se replie
dans la solution. Résolution par l’aplat).
vendredi 31 décembre 2021
Neigeux
Neigeux - que ce ne soit pas
la négation de ton existence, non -
tu t’engourdis, flageoles et floconnes,
mais tu sembles former, dans la solution,
un autre corps, insoluble, ou, tout au moins, un
trouble.
jeudi 30 décembre 2021
Dedans et dehors
Dedans et dehors étant presque impossibles à distinguer,
- qu’un feu similaire sur la vitre apparie -
tu as le départ au bord des lèvres
mais le mot prononcé
aussitôt retombe et
à bruit blanc le corps pensé s’allège.
mercredi 29 décembre 2021
Ah ?
Ah ? Parce
que seule la forme interrogative
congrue au mystère de la blancheur obturante
qui te hante de son rien qui fourmille d’indices volatils,
t’aveugle de son faux pas.
Énigme pour les yeux éblouis que l’insonorité avive.
mardi 28 décembre 2021
Qu’est-ce qui est le plus volatil
Qu’est-ce qui est le plus volatil, du merle ou
de la sensation que j’en ai ?
À la constance éblouissante de la neige
- ce topique -
seule la question reste adéquate.
lundi 27 décembre 2021
Rien
Rien n’est pas le mot.
La terre gît tout près sous la blancheur
où l’œil glisse espérant circonscrire la sensation
- éparpillée avec les merles -.
Il bute sur la haie rétablie avec les
aboiements.
dimanche 26 décembre 2021
La terre blanchit.
La terre blanchit.
Tout ce qui brille n’est pas
or
je vois la fougère tenter de découper ma nuit :
dedans/dehors ne fraient pas sans rien.
samedi 25 décembre 2021
Puis vient la question de l'aube
Puis vient la question de l'aube : ai-je seulement
commencé ? Vraiment commencé je veux dire ?
À force de multiplier les incursions, non ?
Que chacune soit la contestation des précédentes ?
(La forme, douteuse par principe, soit interrogative).
Chaque jour voit les sincères protestations du désir
Mais quoi ! Le
tracé volatil - délébile - de nos intentions :
sous la neige ! Le concept : gelé ! Le coq à l'enrouement
se commet en conjonctives caqueteries .
Cette aube est floue, d'un flou favorable : il faut entrer, et jouir.
vendredi 24 décembre 2021
L’anabase échoue
L’anabase échoue.
Reste sur le rivage blanc,
écrit étroit entre les
murs, l’écho.
Au fond de la trachée s’évertue
sa foi farouche.
D’une voix brûlante, enrouée
un coq ravale sa tentative d’emporter
l’adhésion de tous.
Glorieusement il aura la nôtre, raucité pour raucité,
dans la réflexion diffuse des souffles.
jeudi 23 décembre 2021
Et solitaire
Et solitaire, il n’est pas un
remède à la neige,
sa pauvreté métaphorique :
on dirait que le coq enrage !
Derrière les sapins émerge le visible alors rendu
de rehauts scintillants.
C’est comme s’il savait le saccage de ses assertions
puisqu’il s’étrangle soudain.
Le coq, il ripe,
son paroxyste (tic ?), son rico !
coqueriquement le précipite ! Tu dis ?
D’aller trop vite en besogne - ce que timidement
la poule lui caquette
- il ripe
rate l’essor de
son sphygmographique
mètre, sa mesure.
(Il trébuche en vain, car l’aube lui survit
aussitôt).
mercredi 22 décembre 2021
En cinq sec
En cinq sec il en vient à bout. Qu’il croit !
Il s’est vu dans la lumineuse réponse de l’écho,
de rue en rue le ricochet de ses altérations
jusqu’à la statue de vierge délavée, là-haut
qui étincelle sur la crête comme un pendu.
mardi 21 décembre 2021
Il fait rouge
Il fait rouge - coup de syrinx - sur ce tableau blanc,
la tranquille portée des merles.
Un tapage de têtes et de becs à l’en-tête du jour
où n’est pourtant d’aucun recours la rhétorique.
Le coq a l’aube pour lui tout seul.
lundi 20 décembre 2021
D’un jour sur l’autre
D’un jour sur l’autre
neige nocturne, son éclat, morsure au réveil, ça hurle, ça
rue, ça ri-
coche en dévers.
De mur en mur une portière claque (ou c’est aujourd’hui).
Le coq de personne à la tonalité verte qui perdure.
(Qui perd patience perdure coquerique à tout va.)
Le poème est intenable, il fait la vie.
(c’est une monotone rigueur une blancheur impensable
qui ne se laisse pas conter si facilement cependant.)
Le poème est intenable, le jour est intenable.
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