vendredi 21 septembre 2018

Là où se trouve les pierres


Là où se trouvent les pierres
qui ont ta couleur
celle de l’ estran rocheux et des lichens crustacés
- c’était exactement ça -
l’endroit est dit pierre couchée - une lueur -
la terre craquelle et seul ne retombe pas le millepertuis perforé

Alors je me voue à la volubilité
- la tienne plus réduite au silence que jamais -
enroulé de verdeur
préhensile
qui me prend
inextricable même au plus développé
et je démêle ces lancinantes
questions qui viennent à l’assaut de ma volonté :
Wisteria

Nos soirs 29


mercredi 19 septembre 2018

Nos soirs 28



Et quand je tire


Et quand je tire le râteau à feuilles sur le gravier
ce sont toutes les stridences qui se rappellent
à mon souvenir son sans équivoque l’alarme facile
Ratisse ma fille, ratisse ! Où se prennent jusqu’aux lignes
involutées de glycine ou ces longues siliques.
Et bien des petits squelettes de rongeurs qu’elles a laissés là
défaits entre les griffes.
Et je pense - de la binette au poème -  qu’il y a toujours une griffe
non loin pour accomplir le travail.

mardi 18 septembre 2018

Nos soirs 27


La haie s'avance


La haie s’avance et le gravier disparaît sous les feuilles
- figures brunes minuscules
et torses amoncelées dans cet angle de cour -.
Sont des harpes certaines si finement ciselées mêlées aux résidus
de potées voisines - pourpres et roses déshabillés de fuchsias et
fanes de géraniums - échoués au ban, l’été absorbé
avec la paille et séparé de mon œil son corps un poignard d’or

lundi 17 septembre 2018

Nos soirs 26



Au contraire. La haie s'avance


Au contraire. La haie s'avance - mais qu’est-ce qui n’avance ? -
je suis en lutte - bras et mains nus - avec la haie je ris
je lutte - ronces que j’estime tant, mes orties,
clématites, épines bienvenues -
toutes me sont probantes.
La conscience naît de l’espace - ici taillé à la scie à la serpe dit-on - et non de l’esprit
ou des corps. Cette luxuriance qui me convainc 
je la repousse et je m’escrime
en vers tracés comme un jardin
à la cultiver ailleurs

dimanche 16 septembre 2018

Relations ardentes


Relations ardentes
avec le monde - la rue froide, les feuilles marbrées déjà,
la pierre sous laquelle Java est couchée,
le buisson qu’elle aima pour son ombre touffue -.
Mais assise au bord d’un feu tu ne voudrais pas toi aussi
que la tentative de transcription soit inutile ?
Essaye, essaye quand même !
Le désir que tout se tienne, toi qui n’est pas moins fragile.

Nos soirs 25




samedi 15 septembre 2018

Nos soirs 24


L'obscurité est tout autour


L’obscurité est tout autour - cécité pour voir je n’y suis pas encore -
je n’y suis pas.
Ombre n’est pas obscurité je la vois clairement.
L’ombre est douce et changeante, fluctuante comme l’est l’eau
ou encore une aile, un lit, des lignes, ocelles tremblées, qui respire couchée.
Surfaces qui se touchent, quel angle vous formez, le dépôt produit l’ombre.

Alors que l’obscurité tombe.

Pour l’heure - cet été déjà passé -
juste pour mémoire
le cyclamen de Naples « Amaze me » - l’inespéré, ici sera jusqu’aux gelées - 
fleurit et perce l’obscurité. 
Humble nu auriculé, quel chant ramènes-tu ?

vendredi 14 septembre 2018

Nos soirs 23


Un soudain orage


Un soudain orage. Un tracteur fumant ouvrait la terre
sous une trombe d’eau qui rejaillissait en
deux ailes puissantes. Je regardais faire
ses serres empreintes dans le guéret

( Ce qui rompt interroge
ainsi très bientôt - demain peut-être - les reins
auront à cœur de déployer face au fait le mystère
avec ardeur je piocherai le jardin de mémoire
- entrevu - et en pleurs
l’extrêmement peu visible sera - bien réel malgré l’air égaré -
je n’en demande pas davantage )

jeudi 13 septembre 2018

Nos soirs 22


Mais qui déchiffre l'air brusque ?


Mais qui déchiffre l’air brusque ? Qui l’horreur ?
Sa dépouille traînée dans ma nuit après les herbes
son sourire - célèbre - inaugurait pourtant le rêve.

Ce soir on dit qu’un chasseur a abattu l’un de ces oiseaux
invraisemblables, un flamant rose.
Il gît rose aussi invraisemblable dans la mort.

Toute la beauté étreinte au plomb.

mercredi 12 septembre 2018

Nos soirs 21




Plus seule je continue


Plus seule je continue. Il est un point cardinal pour demain
quelque part entre les quatre vents de la rose interjeté
ce poème.
Au centre de la mémoire ébouriffée qui se résigne et non, ne se résigne pas. Ne consent pas et consent. Au centre. Au ventre,
émoi qui ne laisse pas tranquille, Maciej, comme toi je ne reposerai pas dans le sommeil de la fatigue, ni même dans le jardin de l’oubli.
J’entends parler la langue de vent.

mardi 11 septembre 2018

Nos soirs 20


Non certaine que je verrai


Non certaine que je verrai bien - bientôt -
l’interjection de ces fleurs supposées
Dérangez-moi ! Vite ! Que je meure au silence !
- pourtant ça recommence : bientôt repart sans cesse je le sais - Que s’écrive 
cette séquence !
Ces fleurs qui me sauvent - sauge et autres vignes rue millepertuis -
( et tant pis si ce sont fleurs de givre ou d’eau )

lundi 10 septembre 2018

Nos soirs 19


Son vol éclairait


Son vol éclairait
au-dessus des têtes
imbues trop pourvues de - des mots des rapides -
vers la chute d’eau
là où d’étranges rocs
- parallélépipèdes - luisent encore sous les aulnes

dimanche 9 septembre 2018

Nos soirs 18


Ou bien le survol


Ou bien le survol
de l’eau noire par le
martin-pêcheur
son trait lancé depuis la berge
en bleu horizontal

c’était lorsque je me baignais
le soir venait
de sous l’herbier
ses ailes avalèrent
les derniers reflets

un motif bref indistinct
- car rien pour discerner -.

samedi 8 septembre 2018

Nos soir 17


Au verger


Au verger appauvri effacée sur l’écorce crépusculaire
la boarmie
si me console instantanément le moindre géométridé
ce papillon des plus ordinaires
oui dis-je c’est sans vergogne que je consens

vendredi 7 septembre 2018

Nos soirs 16


Il faut reverdir


Il faut reverdir.
C’est qu’au sol rectangles et équerres tracent de possibles entrées
pour évoquer l’absente - infernale solitude - pour déchiffrer
- lames et sifflets - la vie
je vois le biseau de la lumière à mes pieds cloué
- j’ai pourtant des pensées dans la vigne
et dans le pré où  m’attend l’ortie. D’asphodèle - la fleur interjective -
aucune -

jeudi 6 septembre 2018

Nos soirs 15


Trop de quoi ?


Trop de quoi ?
Une pierre dans la nuit sans ombre Souris !
comme réponse à mes questions. 
Toujours me contesteront les signes ordinaires
l’humilité des choses dures
- cet art du manque, le plus sûr -
à laquelle je réponds par cette forme pressée : poésie.

mercredi 5 septembre 2018

Nos soirs 14


J'entends Java dans la bardane


J’entends Java dans la bardane et dans l’amas
bruni des anémones.
Je l’entends dans le vent.
Au gravier brûlant gravir (en marche, le temple pas uniquement).
Le pas uniment sans entrave ni chatterie
les jambes portent moins loin.
Je cherche l’absente, la ramener dans le vert
de nos corps ce côté-ci.
Je contourne les nénuphars.
Jusqu’où irai-je
et sans me retourner ?

Mais à la nuit
blancheur de hache
le silex luit toujours.
De Java je tiens des soufres, elle qui dormait dans les onagres,
mais pas même le simple contour.
Seuls sont des grillons et les étoiles encore très nettes qu’un aboiement m’arrache :
dureté accrue, voici la vérité qui effare.

mardi 4 septembre 2018

Nos soirs 13



Elle est bardane



Elle est bardane - sans perte - son dard
convoque des animaux en premier lieu : âne et
Java, le chat qui n’est plus couleur de roc et d’estran. Fleurie
elle rend la vue à la vue - revers violet en ricoché
avec les salicaires -.
La mémoire court-circuite ainsi les nénuphars.

Java absente de tout
la cherchant dans le langage où je crois bien me cacher
- ne pas pleurer encore -
la cherchant la réalité de l’absente
je trouve la poésie
- encore non lue jusqu’à ce jour et de cette lecture je me réjouis - :

Je dis : une fleur ! et, hors de l’oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d’autre que les calices sus, musicalement se lève, idée même et suave, l’absente de tous bouquets.

lundi 3 septembre 2018

Nos soirs 12


Sous les iris


Sous les iris les feuilles des Plateaux (Nuphar lutea ) offusquent la mémoire, leur opacité
peltée à la surface de l’eau flotte contre la profondeur
une obturation verte et dessus  l’ove du bouton
lequel précisément me les faisait confondre avec les lotus.
Ma vue obtuse acquiesce à ces stases orbiculaires
où saillent les fleurs en coupes, l’ivresse
en laquelle attend un œil réfléchissant.
Le pied prudemment proche.
Je guette la bardane sur la berge opposée
- qui m’est familière -.

dimanche 2 septembre 2018

Nos soirs 11



Le chat Java, tout soleil en suspens


Le chat Java, tout soleil en suspens
laisse
laisse-moi je rentre dans la coulure des saules
une buée brouille l’œil

nous buvons l’eau sombre du bras mort
jusqu’à l’oubli le presque mauve
semé de lentilles
là où regarde un iris radiant

samedi 1 septembre 2018

Nos soirs 10



Tache - la pareille-là -


Tache - la pareille-là -
en arrivant
écarlate
s’épand - non, sans liquide comme un cri bref inaudible - sous la table
de l’élégant Carduelis carduelis
plus aucun chant fluide ne coulera     plus
au jardin tari il est tari
et les pattes raidies