dimanche 17 avril 2022

Expositions 140 - ( février 2017 )


 

À fragmentation 432


 

Allons quel bon sang ?

Allons quel bon sang ? Bon sang ! (y en a-t-il
seulement du mauvais ? Ou est-ce encore et toujours
la même atroce farce, qui sème quoi ? En l’occurrence rien.
Qui sème derrière soi la désolation et la table rase est mise.)
Et toi postée sous les sapins avec ta prétention à la narration.

mercredi 13 avril 2022

mardi 12 avril 2022

Expositions 135 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 427


 

Voici les détails

Voici les détails (cet instant donné
- de grâce -) : aiguilles entre les racines résurgentes,
un lit d'écorces, le lierre y est matelassier pour l'indolence
(un artisan compagnon en la matière),
et la manière, lumière tamisée,
 
pour toi, pour moi. Au faîte les ébats déliés
des tourterelles je les entends sans les voir. Un
étendard flotte. Instant quelconque par sa fréquence,
sa douceur - la douceur est commune - mais néanmoins réel.
Cela qui fait appel. Quelle fatalité
 
voudrait que douceur et lumière accordées
ne soient pas relevées ? Non. Aucune.
Être - l’inlassable - invétéré en ce jardin
- qui n'est pas un refuge, ni une formule trop simple -
qui est un point de comparaison et de départ.

lundi 11 avril 2022

dimanche 10 avril 2022

samedi 9 avril 2022

Expositions 132 - ( avril 2017 )


 

À fragmentation 424


 

Voici la frêle

Voici la frêle, frêle
mèche s’érigeant par un jour froid - ce froid
plus encore que ça et dans le dos -
qui cille à la première venue,
au printemps botté.
 
Elle n’a qu’un œil (l’œil de l’indulgence)
qui t’accompagne quand tu passes.
Elle te recueille, toi, orant sans
objet sinon ce bourbier - un non-lieu un non-sens (a-
sémantique perdition). Finalement tu la vois.
 
C’est bien une sorte de mèche, je la vois encore
lorsque plus tard au pied des sapins j’extirpe le lierre
- sa trame expansée, sa sécheresse, sa sévérité,
c’est l’idée de pérennité que je profane ici -
et que j’entends la (frivole) bannière des tourterelles à la cime.

mercredi 6 avril 2022

Expositions 129 - ( avril 2017 )


 

À fragmentation 421


 

Est-ce que le mot

Est-ce que le mot est prépotent ? Ou la peur ?
Voici le prodige, on ne voit que ce qu’on nomme.
Le mot bien entendu éclaire la chose - devrait -.
Je vais voir la raiponce maintenant qui en est une :
(à mes dépens si tu me perds),
 
oh raiponce, épée, apprends-moi.
Éminente, efforce-moi,
bleuir ce devrait être relativement à toi
ou gésir, si délicatement, après qu’on t’a piétinée.
Comme tu tais ton (gracile) vertige. N’as qu’un œil (l’œil de l’indulgence).

mardi 5 avril 2022

Expositions 128 - ( janvier 2017 )


 

À fragmentation 420


 

L'épopée printanière

L'épopée printanière (une geste)
se répand partout où les mots
se font entendre. Cette fois-ci la bombe a éventré
un théâtre. Ici les magnolias stellata
éclaboussent la rue d'étoiles lacrymogènes.
 
Y arriverai-je sans prononcer le mot.
Pas visible ici, c'est une opération
sujette à caution, les mots sont suspectés
d'agir (ils agissent), les significations
gauchies. Dénaturées.
 
Une chanson. Là la vérité est toujours
difficile à établir, qui ?, comment ?, où ?,
(justement le jeune houx luit aux bois,
tes gros sabots n'ont guère de place, là
la réalité du son remplace le mot.)
 
Le carnage quotidiennement décompté
rend la plus simple des phrases incorporelle :
je vais aux bois. Les lauriers sont coupés.
La raiponce bleue s’érige ainsi, elle s’inscrit en faux.
Je ne l'aurai jamais vue si drue.

lundi 4 avril 2022

Expositions 127 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 419


 

Or, oiseaux

Or, oiseaux sur la branche, primevères
qui  commandez le chorus… or
(crocus, violettes et coucous aussi
pépiement pie : raison majeure du glossolale)
jusqu’où justifier la clameur jaculatoire 
 
participant à l’engouement général ?
Bientôt on témoigne - à contre cœur -
pour ce splendide bifront :
printemps d’ossuaires nouveaux
et de pigeonneries.

dimanche 3 avril 2022

Expositions 126 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 418


 

À vue vos lettres missives

À vue vos lettres missives jetées dans cette mêlée,
- des missiles -
insensibilisant le présent : l’horreur d’une bombe
qui n’a pas explosé.
Tout bonnement l’horreur.
 
l’inacceptable réalité
manipule si bien la réalité
(ou l’inverse verse son non-sens au printemps
de l’année) où chaque chose
autour ou dedans, d’indulgence coupable et d’intelligence collabore.

samedi 2 avril 2022

Expositions 125 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 417


 

Ce printemps

Ce printemps s’avère explosible.
Bruyamment s’enchaînent les floraisons
dans une sorte de surenchère du visible. Près du sol le rictus
de l’appel ostensible, quoique pratiquement désespéré :
ce commissionnement généralisé de gueules ouvertes,
 
lamiers, orties, violettes, alors qu’explose la double ceinture
des prunelliers en bord de route.
(Et puis les détonations, sporadiques aux jardins
des forsythias et des prunus)
Protège tes yeux - plus becquetés d’oiseaux que dé à coudre -
 
de tout ce que tu n’auras pour finir pas vu.
Bouche tes oreilles. Ou bien adonne-toi au vacarme.
Mort ou vif quelle cruauté : tu n’as aucun
moyen d’exprimer de bonnes intentions qui
ont toute l’apparence pour des yeux intrigués
 
d’être tout autre que liberté. Quel fracas,
quel fracas auras-tu assemblé, baladant ton
imagination douteuse dans un jardin de simples et de vivaces -
la toute modeste ère de tes transports - ? Pour
quelle fin de partie si bien à portée de jet de métaphores ?
 
 
 
François Villon, La ballade des pendus
Amelia Rosselli, Document, p. 42 et p. 86/87

vendredi 1 avril 2022

Expositions 124 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 416


 

Jaune, blanc

Jaune, blanc, son étoilement surprend
celui qui doute - qui cultive le doute comme
d’autres la paix de l’âme, une partie non jouée -).
Reprendrait-il malgré tout, ce printemps ?
La lumière intensément vireuse fait l’accommodation malaisée,
 
(à la lumière de lectures multiples),
bombardements de crocus, déflagrations éblouissantes,
et projections de parcelles incandescentes.
Qui doute encore est avisé par l’œil alarmiste des ficaires
et la hurlée des lamiers.