samedi 4 mars 2017

Dessous encore



Sous la surface d'un jardin
je travaille
des veines courent orange
et or
roses éblouissants
que je tire    
chirurgicale
ortie chiendent
de grandes artères gonflées
j'arrange les vaisseaux d'une carte
que je lis
liant le souterrain et l'aérien

Étude (9) (vers primevoire)


vendredi 3 mars 2017

Étude (8) (vers primevoire)


Sous la surface des roses



Sous la surface des roses
sous vive
est la tant réalité
j'attends
je peux voir
voire je veux voir
que de commencement
et de poème liminaire
il n'y a pas
pas plus que de rien
mais des pactes  
dans la boue sourde
une compacité avec
la mort incorporée





jeudi 2 mars 2017

Extraits



Champ immense où puiser
j'appuie je retourne
pas un pli
une vie s'enfonce
à mesure que je perds la vue
s'effondre aussi la poitrine
nue pour aérer
respirer
racines et branches que je renverse

Essor extraordinaire des êtres
je parle avec des ombres sobres
souterraines
que je cherche sous les roses

Le fatras des sentes
au revers poignant des      terres rompues
routes pas prises
déroutes eaux doutes
vers et pourriture
la descente grandit

Un tesson moucheté suffit à la remontée

mercredi 1 mars 2017

Étude (7) (vers primevoire)


Tout à fait au nord



Tout à fait au nord de la ligne d'ombre
la tache de soleil
sur le lilas
danse
une volée de bourgeons pépie
en pourpre
je vois l'œil liminaire
mais l'herbe encore diffère
la jeune ortie
proche des mains mauve
et torse déjà
point
je crains l'aberration
et j'attends aussi

mardi 28 février 2017

Étude (6) (vers primevoire)


À mesure que je creuse



À mesure que je creuse
devoir de sensation
je pèse des lendemains et la lumière
je suis partie de roses
pour passer le temps
ai planté ce jour un qui matérialise l'air
et dont la fleur coule en une seule pluie
clé liquide à la nuit malencontreuse
d'avril celui
qui modeste brandit sa voix pourtant souple

dimanche 26 février 2017

Étude (5) (vers primevoire)


Rompue s'éveille




Rompue s'éveille
à l'instant prodigue de la levée
courbée sur elle-même sursaute
avec les pierres
avec la terre
les armoises amères
la rue nuageuse
les bourgeons pourpres ou vert tendre des lilas
rangées de pierres cercles de cendres poussières
racines et terre
tricot d'or âpres premières
orties torses
ombres
poussières poussières poussières
dans le rayon essor
de réversibles entrelacs
tu peux renverser la vie
que ravivent
toutes pensées soudain visibles
en un instant
tendre gravité profonde
verte joie haute
la mémoire mouillée
où manque encore un mot
comme à chaque naissance

samedi 25 février 2017

Un voyage d'hiver (14, 15)



Ce sol cet air




Ce sol cet air
la face des souches
soudain une feuille entrée dans le champ
qui porte ses éclaircissements
et un feu
lame étroite signifiant
danse
dansant sèche sur le corps terrestre
proche de l'œil

vendredi 24 février 2017

Collant à la phrase



Collant à la phrase
comme la terre à la pierre
que j'extrais extraction je souffle
la poussière ce dépôt 
de matière qui sauve
je parle avec le visage découvert
chacune des pierres porte les traits
sédimentaires
de son caractère
gestes précipitations
ce mouvement extrêmement lent qu'on nomme
assise

jeudi 23 février 2017

Un voyage d'hiver (12, 13)




Il faut chercher

Il faut chercher
sous l'herbe terne
et la glu noire 
des dalles éparses dont la ténuité
soudain m'apparaît
labile
parce que l'herbe s'altère
et la pierre non
du moins pas aussi vite
lentement le nom de l'allée s'enfonce
et glisse hors du champ

ma mémoire accroche
dans la terre je cherche des traces
gratte et racle une mémoire d'allée rompue


mardi 21 février 2017

Tu manges les mains


Tu manges les mains et manges
la caresse
et ce que les mains caressent
témoin de toutes les mains comme le sont les pierres
de tous les jardins
des mille faces de la fleur la somme
fait face à l'eau
la ride
court sous la peau

le rire sous la peau s'ébruite
en courant

tu fends
l'eau
en toi tombes

Un voyage d'hiver (11)


lundi 20 février 2017

Rêve blanc





Rêve blanc
très petite toujours
disproportionnée
à côté

ce qui m'essouffle
m'éblouit le névé ardent
produit la syncope
inverse

des cils lents
dans les flaques
qui vagabondent
l'eau indocile

erre


En aveugle parfois je suis les profils de pierre dans les flaches c'est un jeu une autre clairvoyance.

Étude (4) (vers primevoire)




vendredi 17 février 2017

Étude (3) (vers primevoire)


Pour un hêtre




Pour un hêtre je retourne
terre et
ordures toute une
vie enfouie dans ces déchets
que ne révèlent
aucunement industrieuse
rien ne laisse
et rieuse même que reste t'il
j'effondre un peu plus
risque dans le fatras de fers
de faire place au hêtre

Terre noire j'y trouve
abondance
de gestes
pour berceau

jeudi 16 février 2017

Le seuil est si noir



Le seuil est si noir
( un aussi noir fondement à tout )
penchés nous sommes
à creuser le trou
50 X 60  centimètres
engorgés
( os noircis clous charnières cuir
terre cuite faïence et verre )
effrontée mémoire
terre
au lieu d'industrie
puis
à effondrer
pour un hêtre

Étude (2) (vers primevoire)


mercredi 15 février 2017

Étude (vers primevoire)


Si tu vas jusqu'à risquer une fleur



Si tu vas jusqu'à risquer une fleur
ou un sphinx
oui toi oser une fleur
plus près très près
un sphinx
qu'est-ce donc
et si tu côtoies la faim
la question intrinsèque
et cette soif
qui boit tout
sûrement la parole te désaltère

lundi 13 février 2017

Apparition de



Apparition de
                        sous le tilleul
la brouette abreuve
ce qui fait danse
concentriquement
où bras et branches sont
des rayons
consentis

Les oiseaux pleuvent
un affairement insatiable
et bruyant

Cet air pensif?
ne consentir à rien
qu'à cette soif
qu'à cette danse

dimanche 12 février 2017