vendredi 1 novembre 2019

par une brèche aussi formidablement dessinée


par une brèche aussi formidablement dessinée
dans le mur de la préhistoire - ce mur du fond du jardin ( c'est le jardin des générations présentes, celui du père et du fils ) -
- pour quel dessein la nuit comme un velours ciselé
à fleurs et à ramages combinant des armures
de velours coupé et bouclé -
sous le halo diffus de toute lampe

un chef-d'œuvre de la bijouterie préhistorique

j'ai vu et isolé cette image pourtant dérobée
dans la fissure elle-même
une absence - aussi bien - à la viscosité reconnue
et dont la résorption complète eut lieu plus tard
à mon insu

j'ai vu face à moi le couple nu - celui qui ne fait plus qu’un - 
peint par Cranach l’Ancien en 1531, ce couple
lié dans l’enroulement des bras en un seul corps
à quatre jambes, diaphane au ventre fluide
sa pâleur éblouissante découpée
sur le jour sombre et grêlé - et le feuillage habité d'yeux
qui sont les témoins de l’audace exemplaire
et de la chute, en était-ce une ? -
nage en eau glissante ou promesse de vol
profond parmi les trompes de la bignone
ses feuilles lancéolées, le rouge vif sous la torche
la boue luisante

et j'ai vu la créature debout aux côtés de cet autre couple
du Diptyque de Vienne, la ligne sinueuse
de son corps bleuté comme un horizon dressé
- car celle-ci marchait avant de ramper -

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