dimanche 31 mai 2020

Au bout du jardin, personne ne vient, non.


Au bout du jardin, personne ne vient, non.

D’ici je vois seulement le cognassier bleui
qui palisse la nuit d’un treillis négatif,
pâle sur fond noir, face illunée face aux sapins,
et la fine clôture du fond, le maillage lâche
du fil de fer, luisant entre les piquets d’acacia gris.

Pas si bête je regarde le doigt qui fait danser la lumière,
la claie des doigts dansants plutôt que la lune, plutôt
que la clôture. Sans languir je sinue dans la nuit.

C’est à moi que je demande à quoi je pensais avant.
Avant d’écrire je vivais hors pensée car je n’avais encore côtoyé aucune fin.
C’est que je vivais, principalement s’entend.
Cet avant dura cent ans ( moins que le temps de le dire où est-ce une idée )
- et tu es venu me chercher -. Depuis tout le jour je t’attends.

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