mardi 10 janvier 2017

Tu te dresses

Tu te dresses avec le feu
tu prononces des noms liés aux racines
le dessin expansif de tes vaisseaux
irrigue jusqu'aux doigts
et croît avec la couleur
entre deux feux tu resserres tes os
ton pas boit la neige expulse l'air
et glace

Le feu est presque éteint
plus rien ne tremble
dans ta main la charge de toute les distances

lundi 9 janvier 2017

Cendres soupesées


Cendres soupesées ciels examinés
arbre
mesure de perplexité
je suis ses fourches avale des échardes
mes doigts connaissent sa rugosité
filent ce que je file et
tissent des racines devant la lune
dans un bouche à bouche avec l'ombre

dimanche 8 janvier 2017

Plus froide encore


Plus froide encore
la fourche remue la cendre
poudroie en cercles
le souffle fait vaciller des braises
ténues particules de couleur
elles rehaussent les bords
les yeux attrapent ce que les mains ne peuvent
pour les découvrir
une à une
les voir étendues reprendre du regard dans
le dessin rougi de ces branches

vendredi 6 janvier 2017

J'attends sous la surface de la glace







J'attends
sous la surface de la glace
que la couleur revienne
rompe ce qu'elle a figé
herbes gravées
roses intrinsèques
j'attends que le front perce
advienne la débâcle

jeudi 5 janvier 2017

Le fond du champ


Le fond du champ
s'enfonce
à la surface du miroir
sombre
entre écailles et constellation
des taches blanches
neige au front du miroir au sombre front
le champ s'étend dans les gris
l'angle s'ouvre l'espace grandit
l'étoile remonte rose sur cette plage embuée
que rien ne heurte
des pas : pas mes pas
des flous :
les foulées du regard

Fonte, au fond !




dimanche 1 janvier 2017

Dansons maintenant



Rien ne semble indiquer (janvier 2015)


Rien
ne semble indiquer
ni la fin ni le début
de quoi que se soit
ne continue ni ne cesse
               est
             certes
sans rien vouloir dire
et sans rien dire.

Et les résolutions sont inopérantes.

Durer à travers, passer outre.
Me soucier d'autre
me soucier d'ailleurs
car nulle part souci de ma personne.
Porter le regard au-delà.

Comme l'arbre
laisser la neige effacer
révéler
blancheur tombée du ciel
les déliés de mes mouvements
saisir
le dessin des désirs.


Elle recouvre les pleins
et invente la ligne.

Cette nuit


Cette nuit je retourne tout
ciel et terre
je cherche un indice
tout est tel qu'hier
le ciel piqueté
la masse des sapins
sombre frisson pressenti
on ne voit que les brasiers que
la moindre aiguille ravive le lendemain

lundi 26 décembre 2016

Ni jubilation ni affliction


Ni jubilation ni affliction dans cette ligne
qui n'appartient pas au fond
l'horizon c'est
la colline qu'éclaire encore le soleil
il sombre vite sous le front des arbres
s'avancent mes mains gelées sur l'outil
- l'armure est un satin -
cette ligne vue depuis la place où je me tiens  
engourdie et d'où partent les paroles
ondule sous nos mains aussi fines
et caressantes - sans possession -
que dépossédées

Au bout des doigts (2)



dimanche 25 décembre 2016

On ne sait si c'est la lumière


On ne sait si c'est la lumière qui a jailli
ou l'absence
qui n'est pas la forme en creux
mais la mémoire de cette présence

Couché on le dirait plus petit


Couché on le dirait plus petit
un pin de vint-cinq mètres allongé dans l'herbe déchirée
équerre et ombre pliées dans le même cri
moi debout je mesure la lumière
jaillie en un clin d'œil

Matinale



vendredi 23 décembre 2016

Impondérable


Impondérable
soudaine place pour la lumière
c'est-à-dire que la vue s'étend
jusqu'à la frontière épineuse
la haie noire des ronciers
embrasse l'absence des pins
des bras de mémoire cernent longtemps
l'odeur de sève

mardi 20 décembre 2016

fenêtre (8)


Les reins font la preuve


Les reins font la preuve
épreuve
connaissance
et râle
halte pour le cœur
respiration sur les genoux
le temps que les mains trient
dans la terre
s'émiette le temps
reprise du rythme
en labour

lundi 19 décembre 2016

fenêtre (7)


"Agir je viens"


Agir je viens
c’est ce qu’il a dit.
Mais par où commencer ?
Ne pose pas la question commence !
Le cœur plus gros
qu'une motte
est à soulager
Opère opère opère !
avec les mots
et les images.
Commence !
Ouvre agis ! Recommence !
Tout doucement j'éventre la terre
et soulève. Les reins ardents
avec l’ardeur des mains
défont de ces caillots
ourdis avec la vie
ourdie avec les mots

dimanche 18 décembre 2016

Pour un labour

Pour un labour

je ne sais plus
penchée
ou coupée en deux je ne sais plus
où est le nord ni où la raison
cardinale
et où sont les raisons
fondements motifs justifications
ces monuments qui nous étouffent
il ne reste que des questions

je retourne
lentement
je retourne à la terre lourde
à retourner
le brouillard m'éblouit
gel irisé comme un sel
je cherche les racines et me voici 
courbée
comme un grand point d'interrogation