mardi 10 décembre 2019

Je grimpe tout l'après-midi


Je grimpe tout l’après-midi
remontant les racines jusqu’aux plus fines
soies blanchies comme des ossements.
De la terre couverte de fleurs - que je découvre -
en l’occurrence : la raiponce et la nigelle mêlées
- deux font un déjà jardin -
s’associent le cresson de terre le trèfle et
le plantain


Et la bourrache encore fleurie ! Va va !
dans des touffes à la vigueur vernale
où se dissimule la barbarée, la savante - Comme tu préviens l’hiver !
Dis-moi comment mieux l’endurer !

Combien légitime est
l’interjection
du liseron !


Lui le déjà retranché
derrière les mottes. Sa belle racine
aussi volubile que le furent

les tiges interjetées

en surface maintenant on dirait une couverture sèche
et lâche tissée avec la chevelure d’une vieille
- raidie -. - N’est-ce pas ?
C’est dessous - ces dessous ! - que s’est retranchée
toute sa vie.


Des veines et des soies liliales - ah la pâleur des dessous ! - 


Voici une racine nerveuse
une sorte de filandre - comme la veine d’un écorché
à la dissection -.
Di ssé quée par la main experte ès mottes et tessons
ès plaie profonde et attrition

jusqu’à l’effondrement
( et blanche filature à la sorgue )

avec la barbarée en sous-main

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