mercredi 15 mars 2017

Je suis enfermée avec un arbre



Je suis enfermée avec un arbre
et un poème
dans un verger éclatant
réserve de vent l'air ne se dérobe pas
pour le moment j'habite des racines lentes et
pérennes et le moindre lierre adventice
dans un mois
quand dans un mois ?
je me coucherai plus près de moi
couchée dans l'herbe je marcherai
horizontale et
perpendiculaire au hêtre
et au poème
ma matière incorporerai peut-être
ou je changerai le poème

mardi 14 mars 2017

Lierre rêve de lierre


Lierre rêve de lierre
l'assaut et le sommeil
racines enfourchées
liens chevelus
si sombre il veille
sur la pierre
veule qui admet l'ombre et l'humus
au pilier gauchi effrité
sous le sabot de cent chevaux
haletant mon souffle arraché
poitrine piétinée
tout comme le lierre
ce qu'elle sait seulement elle le sait par saccades
de sommes en sauts

Regarder, jouer, atelier (33)





lundi 13 mars 2017

Je dors sur les pierres



Je dors sur des pierres les reins tordus je ne dors pas
je mords les draps j'essore je sors
désengorger les mots de l'insomnie qui obstruent
expirer au sommet ici blanche la face des pierres expose
ma blancheur
ici comme dehors les bras ratissent les feuilles les mains portent
les pensées les silences choient mon plaisir naît de la plaine la vue
qui se soulève lentement respire comme si rien n'était naissait
comme si naître dans sa fraîcheur
au devant devancée le monde me traîne révolue
les mots tombent comme des palets sur l'allée

Regarder, jouer, atelier ( 31)







vendredi 10 mars 2017

Je porte sur les lèvres La hâte


Je porte sur les lèvres cet air
chairs lentes
qui se sont faites à l'hiver
blanches
éraillées
collées à l'œil lucide et blanc

La hâte
bientôt le sang et
la menthe sa fraîche
fraîche remarque hâtive
à parler
friande

Suite (préhensile 3)




jeudi 9 mars 2017

mardi 7 mars 2017

Noire révolution de la crosse



Noire révolution de la crosse et
creux où germe le grain
noir inaccessible même à l'ombre
occulte travail des commencements

à l'œuvre dès
la fermentation 
quand même il n'y eut pas
de commencement nôtre
noir sans que la nuit vint le moins du monde et
sans que le nom intervint
avant même tout ce qui fait nom
à force de mains
et de pensée
œuvre l'inexploré sans nom et sans qualité
ni état d'âme
et retourne le monde sur lui
ossements graine putréfaction même
dans la fosse où luit
humilis humus

soit notre naissance
et poussant nous pousse vers l'air

Suite (préhensile)





dimanche 5 mars 2017

J'allume un feu



J'allume un feu et ferme la porte
je prends la rangée rouge des arbres
et l'affairement des oiseaux
un charme attend encore et un érable
je pense au chiendent
un mort étranger me rend visite
c'est suffisant pour rendre la nuit agréable

samedi 4 mars 2017

Dessous encore



Sous la surface d'un jardin
je travaille
des veines courent orange
et or
roses éblouissants
que je tire    
chirurgicale
ortie chiendent
de grandes artères gonflées
j'arrange les vaisseaux d'une carte
que je lis
liant le souterrain et l'aérien

Étude (9) (vers primevoire)


vendredi 3 mars 2017

Étude (8) (vers primevoire)


Sous la surface des roses



Sous la surface des roses
sous vive
est la tant réalité
j'attends
je peux voir
voire je veux voir
que de commencement
et de poème liminaire
il n'y a pas
pas plus que de rien
mais des pactes  
dans la boue sourde
une compacité avec
la mort incorporée





jeudi 2 mars 2017

Extraits



Champ immense où puiser
j'appuie je retourne
pas un pli
une vie s'enfonce
à mesure que je perds la vue
s'effondre aussi la poitrine
nue pour aérer
respirer
racines et branches que je renverse

Essor extraordinaire des êtres
je parle avec des ombres sobres
souterraines
que je cherche sous les roses

Le fatras des sentes
au revers poignant des      terres rompues
routes pas prises
déroutes eaux doutes
vers et pourriture
la descente grandit

Un tesson moucheté suffit à la remontée

mercredi 1 mars 2017

Étude (7) (vers primevoire)


Tout à fait au nord



Tout à fait au nord de la ligne d'ombre
la tache de soleil
sur le lilas
danse
une volée de bourgeons pépie
en pourpre
je vois l'œil liminaire
mais l'herbe encore diffère
la jeune ortie
proche des mains mauve
et torse déjà
point
je crains l'aberration
et j'attends aussi

mardi 28 février 2017

Étude (6) (vers primevoire)


À mesure que je creuse



À mesure que je creuse
devoir de sensation
je pèse des lendemains et la lumière
je suis partie de roses
pour passer le temps
ai planté ce jour un qui matérialise l'air
et dont la fleur coule en une seule pluie
clé liquide à la nuit malencontreuse
d'avril celui
qui modeste brandit sa voix pourtant souple

dimanche 26 février 2017

Étude (5) (vers primevoire)


Rompue s'éveille




Rompue s'éveille
à l'instant prodigue de la levée
courbée sur elle-même sursaute
avec les pierres
avec la terre
les armoises amères
la rue nuageuse
les bourgeons pourpres ou vert tendre des lilas
rangées de pierres cercles de cendres poussières
racines et terre
tricot d'or âpres premières
orties torses
ombres
poussières poussières poussières
dans le rayon essor
de réversibles entrelacs
tu peux renverser la vie
que ravivent
toutes pensées soudain visibles
en un instant
tendre gravité profonde
verte joie haute
la mémoire mouillée
où manque encore un mot
comme à chaque naissance

samedi 25 février 2017

Un voyage d'hiver (14, 15)



Ce sol cet air




Ce sol cet air
la face des souches
soudain une feuille entrée dans le champ
qui porte ses éclaircissements
et un feu
lame étroite signifiant
danse
dansant sèche sur le corps terrestre
proche de l'œil

vendredi 24 février 2017

Collant à la phrase



Collant à la phrase
comme la terre à la pierre
que j'extrais extraction je souffle
la poussière ce dépôt 
de matière qui sauve
je parle avec le visage découvert
chacune des pierres porte les traits
sédimentaires
de son caractère
gestes précipitations
ce mouvement extrêmement lent qu'on nomme
assise