samedi 29 juin 2019

Des colonies d’œillets sauvages


Des colonies d’œillets sauvages - c’est la première fois
que j’en vois tant - j’avance à vélo avec lenteur
sur la route noire le long des sablières.
La gesse noire est mêlée aux crosses bleues à peine déroulées
des phacélies à feuilles de tanaisie, crosses non tenues,
et le blé courbe les collines soyeuses. Près de la rivière
dans le creux fleurissent les premiers iris faux acore.
Entre Banne et Pagney un panneau indiquait
Santiago à 1992 km et la coquille stylisée
comme une étoile centrifuge. Ou bien un œil. J’ai vu
non la distance mais le temps. Les pèlerins d’alors
- même lenteur - venaient par cette route sinuée
débouchant sur la plaine comme moi aujourd’hui, comme moi
mais sans la phacélie, la crosse changeant de main.

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