samedi 11 août 2018
De sable
De sable : la douce unité s’écoule en ocres gris
blancs
lucides plus ou moins
en bancs pas stériles puisque y puisent vos racines vos
jours poncés par le vent
joncs panicauts tamaris eucalyptus gommiers
parfois il prend la forme d’une vague résurgence mêlée
de terre d’ombre geyser de mer sous-jacente
parfois il crisse et c’est un hurlement
d’incandescence disloquée
vendredi 10 août 2018
L'eucalyptus
Il y a soudain un souci d’échelle
- démesure inhumaine - sous cette arche
sonore. Un guerrier fort
for de son chant d’ivresse et sabrant le regard
désarme - modeste orante
que je fais - il tue
par excès d’arche et de sabres
il tue térébrant.
*
Je ne vous regarde
plus. Je subis
aveuglée votre lumière
qui me crucifie.
Que pourrais-je dire de plus ?
J’entends votre feuillée qui stridule, la mer
tout près charrie d’étranges basses et
embrasse les sables où plongent vos racines et les miennes.
Je suis votre parfum, et vos fruits, capsules dévergondées
mollement atterries
parmi vos mille virgules abaissées dans un
souffle.
Le panicaut maritime est votre garde rapprochée
et le jonc.
Vous me trouvez telle que je suis :
donnée.Votre courant fait mon lit. Ce qui soutient ma raison vit :
le peu de mots dont je fais ma demeure et - ce qui rend la mort tolérable -
votre vie dont je tire fraîcheur et
for intérieur
ivresse
qui n’attend rien
jeudi 9 août 2018
A dissiper ses feuilles
A dissiper ses feuilles, ces lames fluctuantes
scient la lumière - virgules à l’aune du paysage -
et à divulguer,
ce parfum, et ce rose suber qui desquame
à dissiper le vent et le regard
il s’emploie
- c'est-à-dire qu’ avec moi il semble jouer
animé d’une ondulation incantatoire
et dépaysante - de toutes ses fibres
- si bien qu’il semble que je sois le jouet
de cet eucalyptus -
mercredi 8 août 2018
Marchant je dis redis encore !
Marchant je dis redis
encore ! Millepertuis - parce
qu’à l’écouter
le nom grandit.
M’importe une - toute -
commune errance : erressassements
des sables et herbiers
- nos bassesses et
hauteurs -
lui le tamis de ses feuilles n’en était pourtant pas un
mais donner le nom c’était
nommer - à dire vrai - comme poser une pierre milliaire
sur un chemin essayé
à l’endroit de l’expérience criblé
le mille - point d’appui
gagné -
aujourd’hui par la
claie de mes doigts l’œil le voit
tel qu’il est - qui
déchire l’air brusque ? -
jaune et rubéfiant
élucidé est ( le voir orangé ! )
le nom vulnéraire
nul ne s’y perd
mardi 7 août 2018
Seulement alors je vois ( parlant avec Isabelle )
Seulement alors je vois - ici au tamis des ( potamots )
roseaux rubaniers et salicaires ( mes sanguines lancéolées ) -
- du nom et de la chose au mot en écoutant -
le nombreux Hypericum
des bords d’Asco - celui qui chasse les fantômes -
on le dit
Arba di San Ghjuvan, Blutkraut, Johannisblut
et Terrestial sun
( parce qu’en rouge il colore huiles et eaux )
lui le vulnéraire Millepertuis
qui pansa nos brûlures.
Quoique sans cesse au
bord d’un feu
quoique sans cesse - je sache bien - la sèche méprise
je voudrais laisser l’eau à la pensée percluse de mes fleurs.
Voici en réponse à tes mots ceux-ci : c’est la mesure
perçue dans l’épreuve, l’autre muid
d’août que tu nommas
lundi 6 août 2018
Et nous - en nous - inonde depuis les peupliers
Et nous - en nous -
inonde - depuis les peupliers -
ce vert liseré - mêlée de saules et d’aulnes - puis
presque aussitôt c’est l’herbier et
dans un pli des eaux
le pied pris dans le pertuis
samedi 4 août 2018
En frêles fanes
En frêles fanes est assiduité de fleurs
l’eau retirée - et la
forme resta inaperçue - mais bercée
astreinte sans férir
et la forme fleurir ne veut plus rien dire
(cependant que je m’assagis,
j’ai moins peur)
Reste la vie imputable aux racines ( très hautes racines ) et
l’acier de la rue
( et l’armoise - et
nous en ce nuage - ) nous
toujours plus aveuglés par l’été
- ce déjà passé - mais
confiants dans la fleur
ce qui fut ou ce qui
sera
Comme toi - tu dis : ton œil et mon œil -
nous nous inquiétons de l’eau.
Elle se retire de nos - bras ou branches quelle
différence ? -
membres flétrissent et
aucun œil ne fleurit plus - pas une anémone
la fille de vent économe se garde ainsi de mourir
sur son vertige -
la réponse des eaux - dans le rêve - se ramifiant
comme racines vers le haut
se ramifiant. C’est un fleuve feuillu
que je retrouve
- et nous en ce nuage
-
vendredi 3 août 2018
Des pierres fleurissent au bord
Des pierres fleurissent au bord
des chemins hérissés
de grandes herbes fricatives
mourantes
à nos pieds ténus
tenus par les yeux de vision furtive
car faciles à fouler cependant
nous marchons par les torrents
éblouissants
éblouis.
Il me semblait que flottait dans
l’ombre corsée
- de l’appentis -
un son : or ce n’était qu’un petit ciste
extrait de sa brûlure
jeudi 2 août 2018
Rousse non pas sélène
Rousse non pas sélène mais terrestre
et parfois tarie
sources imbues de clématites et de vignes
des éclats de figuiers ont grandi
à l’assaut de rocs.
Je bois des sentiers tors d’éboulis de ruines et de ruches
ici aussi ronces et cirses assignent.
Revers sans eau
le pied dévers dévie et foule
la pierre l’asperge et l’ortie
non élucidées.
Je t’écris ce soir le chemin de signes
nécessaires : ici aussi c’est Connemara jusque tard.
À ma joue gauchie - le poing fut franc -
ce champ rugueux aromatique
qui caresse et panse.
Ce sont les agaves accords que j’entends.
mercredi 1 août 2018
Ce que je cherchai
Ce que je cherchai :
en arrivant là-haut la fraîcheur de fleurs
étrangères - autres fleurs - jasmin grenadier belles de nuit
plumbago
lantana - je voudrais les citer toutes comme je vous ai
cités, et toi Christine la première -
trémières, roses dressées avec l’œil et le cœur
sur la lance
et vous lauriers de pierre et cyprès jetés au fossé
enjambé avec des mots
Un levreau me regarde interdit
sans bruit cependant je suis son épine et sa
plaie
mardi 31 juillet 2018
Tête hantée de routes
Tête hantée de routes
de turbulences sèches
je fais le simple voyage qui ne départ pas car - en fait -
je reste en moi.
Et je vacille. Ce devrait être le silence
mais non la
grand-route en bas dans la vallée
vient jusqu’ici. Les chiens aboient
- dans la chambre aux tomettes - avec la nuit.
À Agriate Café nous nous sommes arrêtés
où le feuillage grainé insolé n’a qu’un soupir expectoré
dans la poussière d’une seule ombre de terre brûlée.
Pas un refuge. Les racines à nu, je pense.
Pourtant s’impose le souvenir de la vision d’un grenadier -
ce que je cherchais
fraîcheur saumonée - et celle de l’arbre à soie
dans le midi.
lundi 30 juillet 2018
Terre unique
Terre unique,
en même champ :
ciel et blés
et sous les cerisiers - la blessure non superficielle d’une
chute d’enfance : l’aberration de l’œil, toujours des doutes -
où deux silhouettes connues
dansent dans les ombres fortuites
et cueillent des gouttesEn cet instant une trombe
- énigmatique tête du clou sur la rampe de l’escalier
dont la vis entête -
dont la vrille (de vitis,
vigne) est le vertige
clou du spectacle : l’œil du motif que le cirre
crochète
lundi 2 juillet 2018
Tu dirais fringants et ingambes jeunes gens
Tu dirais fringants et ingambes jeunes gens
sous les cerisiers
ils devisent en marchant en mangeant
(comme au théâtre de grands pas). Puis les bras
presque des arceaux prolongent les branches
pour s’en saisir. Cueillir c’est de dos ansé
tête absentée dans l’ombre de l’ombre de la chute
la courbure de toute la silhouette sous la feuillée
tu dirais du paon qu’il tremble et s’ébroue
jetant des yeux de prudence
ils s’aiment cela se voit à leurs pas à leurs bras
sous les cerisiers
Il leur est permis
de s’enivrer d’eau. Ils voient
- n’est-ce pas à peine
un dangereux instant
ce qui soutient notre
raison ? - comme suspendu
entre les branches
ce champ de bleu
c’est une autre fontaine.
dimanche 1 juillet 2018
Salis de cendre
Salis de cendre et de poussière bras cheveux
blanchis parce qu’ils moissonnent dans la bise
ils : toujours en avance - ici c’est ainsi qu’on nomme
le vent du nord -
elle n’embrasse pas elle mord attise les plaies dans les
arbres
des yeux coulent
nous vésuviens transis ce que nous voyons l’ordre
des moissons avance la paille - et la sanie des regards -
comment dire ce qui se disloque dans l’air
avec ce qui lie ?
À toi qui voulais défaire le temps leurs scories de forge -
l’empire laitier mitraille -
emplissent
les poumons.
Mais debout nous sommes
aux mains le jus des cassis.
samedi 30 juin 2018
Je ne sais pas s'il se pose
Je ne sais pas s’il se pose ou se suspend
à la luzerne minette léger
frémissant
miroir dioïque. Il est là. L’envers le prend
dans un souffle aigu de vent.
L’azuré fond dedans.
vendredi 29 juin 2018
L'Argus bleu
L'Argus bleu ou Azuré commun ou Azuré d'Icare ou Icare ou Lycène Icare ou Argus
Icare
bleu que veux-tu, bleu ! (le mâle)
vu en allant vers le fumier
Icare pour le bleu ailé ? Il volette dans l’herbe
coupée
s’arrêtant au fait (l’unique élévation du pré) l’axe
pointillé
des quelques plantains un à un
qui vacillent
Et encore une petite piéride du chou si délicate
en suspension entre le séneçon jacobée et le millepertuis
perforé
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