lundi 22 juin 2020

Lignées - art ferroviaire -


Art ferroviaire au cœur de Paris. La note aiguë du métro
accroche à mon oreille ses anthracites luisants.
À la gare de l’Est des resserrements crissent encore
et des gris variés, toute une gamme. Un rétrécissement du champ
accompagne le rétrécissement de l’attention, constriction aux
tempes. Des cris, des ocres, la verrière d’exact cristal sur l’ordre
gris des quais, éblouissant.
Réfraction et dureté insurpassée. Le carbone y est incolore.

Diamant : Minéral généralement incolore fait de carbone pur cristallisé, d'une grande dureté et d'un indice de réfraction élevé :
1. La dureté d'un minéral reflète la cohésion de sa structure atomique; celle du diamant, insurpassable, lui a valu son nom qui signifie en grec « indomptable ». Metta, Les Pierres précieuses,1960, p. 39.

*

Est cette clarté impervertie
à travers la verrière blanc argent
qui m’éblouit.
Qui percute l’œil et répercute le jour sans
soleil d’atonie non perçue auparavant.
Comme annulation totale du spectre coloré
cette gare soudain abrasée.

*

Longtemps reste le son de freinage de ces rames.
Longtemps les ardoises luisantes en descendant,
les abrasives verrières et les ciels blancs
quand inoxydable et spéculaire le mobilier nous avale
par le brutal portillon. L’automate
accapare toute notre attention. Et il y a l’oracle.

Égale vigueur de l’acier et des dires tous entourloupés
par le bruit le tangage et le frein. Faux départ.
D’énormes portes décapitent la voix. L’obstacle
s’étire indéfiniment et voracement.
De sinistre débit il rugit y compris dans les rares
courbes du réseau.

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