jeudi 9 décembre 2021

Les merles

Les merles ne disent rien.
Perçant la matière de l’air en tous sens
comme arrachés à eux-mêmes, ils fondent sveltement,
et se réceptionnent sur le sol
(quand j’essayais en vain de le fenêtrer).
 
Qu’est-ce qui est tangible, alors ?
C’est le rythme qu’on donne à cette danse
aérienne et terrestre, ce manège
qui est le leur, qui est le nôtre, dont l’œil est le témoin
et l’interprète depuis notre affût. Transposé dans la consistance du poème.
 
C’est ça ?

mercredi 8 décembre 2021

Expositions 10 - ( décembre 2017 )


 

À fragmentation 302


 

Puis vient la neige

Puis vient la neige qui tait,
sous son éclat homogène
toute velléité de poème.
Et les merles silencieux, sveltes
comme des feuilles d’automne,
 
crochètent sa flagrance. (le concept, lui
ne vole pas ainsi de ses propres ailes
et ne se manifeste pas, noir sur blanc,
pour débusquer l’évènement sous la neige glacée.
évènement qu’il définirait, au mieux, en un vers ou deux, faute d’univers.)

mardi 7 décembre 2021

Expositions 9 - ( décembre 2017 )


 

À fragmentation 301


 

(qui n’est certes pas royal

(qui n’est certes pas royal, seulement mien
car j’en ai l’usage et l’usufruit). De la nuit me déduis,
nègre au jardin des simples, invoquant-effeuillant
- vocative affine -, des figures et des fruits aussi imprévisibles
que toute intention dans mon esprit.

lundi 6 décembre 2021

Expositions 8 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 300


 

Sans elle

Sans elle, de quoi serait-il le témoin ?
Nuit et son cortège de descendants,
lune, prudence, amour et réprobation,
veille et sommeil. Tandis que la spirée en est, elle, l’attestation.
On ne me la fait pas, tu vois ! C’est Phantasos que je connais en mon jardin

dimanche 5 décembre 2021

Expositions 7 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 299


 

Je suspends mon incrédulité

Je suspends mon incrédulité au détour d’une spirée :
j’accorde ma foi à cette disposition végétale
qui veut le recul hivernal. Qui sacre de simples buissons
adornés des magnificences de l’hiver
ou c’est moi, qui fais d’une extension de réalité
 
un jardin imaginaire, le début d’une histoire.
J’écris mon histoire en regard du buisson.
La lumière, qui fait défaut maintenant à l’intérieur, je la cherche au jardin.
Au besoin, ne ferai-je pas prochainement entrer un arbre dans les murs,
pour la mesure ? Sûrement non !
 
J’aurais pourtant foi en ces effigies ! Mais non !
Il manque au Noël les conditions élémentaires
du langage. Il manque la nuit.
(nuit de la réalité hivernale en notre hémisphère.
Nuit de la prolificité, pleine et entière.)

samedi 4 décembre 2021

Expositions 6 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 298


 

La lune a changé

La lune a changé. C’est elle qui tient maintenant
le rôle capital dans ce couronnement
- des broutilles givrées peut-être bien tintinnabulent
à chacune de leurs inspirations ça noie le poisson,
ça ne peut être qu’elle changeant ainsi le registre -
 
elle intronise l’hiver et son jeu d’optique. C’est
là un progrès majeur pour l’observateur qui voit plus clairement,
dans la nuit froide, qui voit dans son retrait la manifestation
de l’être souverain, mieux que dans le jour fastueux :
un buisson de spirée.

vendredi 3 décembre 2021

Expositions 5 - ( septembre 2017 )


 

À fragmentation 297


 

Vas-y doucement !

Vas-y doucement !
(Gare au désastre qui nuit.
Il y a là-bas un buisson de spirée - sybarite - qui
obture le pré voisin en été, maintenant
son optique te guide dans le nuit d’hiver
 
dissipant ton équation personnelle et évitant ta perte
à mesure qu’il se retire.
Aux repérages et aux mesures de positions
tu devras ton tympan indemne, et un œil
alerte.)
 
Et tremble avec lui,
puisque tout n’est plus cette saison que tremblement,
vacillation avec le vent, vacille va va !
La lune est mobile dans le réticule.
Tu t’emploies à suivre ces hésitations exactes.

jeudi 2 décembre 2021

Expositions 4 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 296


 

Ainsi tu respires avec lui

Ainsi tu respires avec lui : ce thème,
tu l’étires. (Tu ne voudrais pourtant pas son étiolement.)
(La marguerite commune est une composée autrement dit astéracée
- un astre que tu continues à étirer bien après qu’il ne luit plus - :
n’en fais pas un chrysanthème !)

mercredi 1 décembre 2021

Expositions 3 - ( janvier 2021 )


 

À fragmentation 295


 

Sa mire

Sa mire - son objectif - il lui faut l’inventer,
la recréer d’un transfert de matière. Un poème
n’atteint pas son objet mais l’impression qu’il a
faite - ou pas, et c’est pourquoi il ne l’abîme pas -.
Il travaille à cette impression jusqu’à la - presque - retrouver,
 
(aucun souvenir n’y suffit, il faut la découverte
dans la matière vivante - un ferment s’active là qui
fabrique son objet en le connaissant - le dévoile sans attenter
à lui, puis soudain le reconnaît) et s’en trouve réjoui.
Trouve satisfaction à cette effusion.
 
Spirée, son esprit souverain est en sa palpitation
ce sommeil soupesé, ce reflux ? Reine en soi
que le givre avive en brune renommée
sous sa résille calcinée
- fragile jusqu’à s’amuïr -
 
aveugle pourtant l’œil passager
quand le réticule divise sa nuit.
On peut espérer plus : faire un vitrail vrai
de cette vision spirée. Travailler cette résille
jusqu’à concrétiser la respiration.

mardi 30 novembre 2021

Expositions 2 - ( décembre 2017 )


 

À fragmentation 294


 

Car il y a la propulsion

Car il y a la propulsion,
et l’écrire nous la rend sensible.
D’un tressaillement le poème va loin devant
- javelot qui trouve mire en chemin, ou pas -.
Ou pas. Parfois il tombe à nos pieds, mort-né.
 
J’ai un accord avec le buisson, là-bas (devant lequel
pendit l’unique poire du poirier, puis
subrepticement, est venue la fleur se faire
effeuiller avant que ne me souvienne -
il était temps - ce buisson de spirée) aussi
 
inflammable dans la nuit que moi-même,
il se consume lentement - très lentement
d’une dépréciation de ses feuilles fait
esprit neuf, et respire je l’entend -
le feu de ses paysages intérieurs.
 
Son esprit souverain est sa palpitation
ce sommeil soupesé, ce reflux ? (Reine au pré)

lundi 29 novembre 2021

dimanche 28 novembre 2021

Jeux, plages - Suite aux fleurs 4 - ( mai 2016 )


 

À fragmentation 292


 

Est-ce durable vraiment

Est-ce durable vraiment, viable, je veux dire ?
Ça dure ainsi depuis la nuit des temps : nous
endurons la turbulence du jour prenant
respiration en regard du paysage, son phrasé
interminable, sa beauté interminable.
 
L’âme du poème comme l’âme du fagot
se compose du monde extérieur
c’est un noyau de mouvement perpétuel,
perpétuellement réitéré dans des variations infinies,
fonction du pouls - bien malgré lui (à son insu) - du regardeur.

samedi 27 novembre 2021

Jeux, plages - Suite aux fleurs 3 - ( mai 2016 )


 

À fragmentation 291


 

(sa matière humaine

(sa matière humaine est évidente, gagnée
sur l'insensé, la voracité du vide).
Attente aux pieds nus, me voici
happée par les chevilles
à présent dévorée aux jointures.
 
D’un éclaté - le capitule à l'examen,
lecture faite des légendes - le secret reste entier.
L'écorché s'unit à l'écorché sans confusion pourtant.
C'est une juste alliance des forces, le pied
scellera l’alliance.
 
Un battement, un intervalle. Il s'agit
de rythmer les blancs (absences, éclaircies,
fleurons illunés, premiers flocons indolents).
Expirations, inspirations.
C’est un face à face ébloui à articuler.

vendredi 26 novembre 2021

jeudi 25 novembre 2021

Jeux, plages - Suite aux fleurs 1 - ( mai 2016 )


 

À fragmentation 289


 

Dans l’herbe infinitive

Dans l’herbe infinitive je suis
- l’horizontalité du supin et le participe du gérondif -
sur le point d’être avec une fleur et un poème
simultanément moi-même. Je me laisse faire
à l’ombre noire des sapins.
 
C’est l’ombre, l’équerre qui mesure ces temps vrais.
Allant/couchée, tournée vers le haut - retournée -,
un air dans la nuit traverse cette mesure soudain
- là précisément où et quand s’étoile le sol aussi
lève un jardin -.
 
Un afflux d’espace. (Un peu
comme le flap de la tourterelle turque,
sans doute, traverse cet asile, l’équerre
que tu dis, plus noire).
Au-dessous la lune aura mouillé la fleur.

mercredi 24 novembre 2021

Jeux, plages 31 ( mars 2016 )


 

À fragmentation 288


 

As-tu besoin de ça ?

As-tu besoin de ça ?- De la solution de continuité 
que génère la métaphore, oui, comme tout un chacun.
Et que dis-tu de cet écart qui lie ? Nous concentrant sur
une marguerite isolée, à ce point suspendus,
blanc capitule sur l’herbe sure, ses fleurons attendris par le froid,
 
à l’instant où je dépends d’elle me voici,
contournant l’oubli - je ne finis pas le jeu, de nous
ainsi je vais jouant - sur ce pré terni par la nuit je viens.
La suivre : un sursis.
J’adopte l’horizontalité du supin.